«Taste of Cement » : un documentaire sur les travailleurs réfugiés au Liban

ACTUALITES – Le Centre International pour la Paix et les Droits de l’Homme a assisté, lundi 15 janvier dernier, à la projection du film « Taste of Cement », qui se traduit en français par « le goût du ciment ». Ce documentaire, réalisé par Ziad Kalthoum, en collaboration avec Basis Berlin Filmproduktion (Allemagne) et  Bidayyat for Audiovisual Arts (Liban), a été nommé au Prix du cinéma européen du meilleur film documentaire et a reçu la récompense du « Best Muhr non-Fiction Feature Award ». Cet article commencera par expliquer le contenu du film ainsi que sa signification, avant de donner quelques détails sur les conditions de vie de ces travailleurs réfugiés. 

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Ouvrier syrien admirant Beyrouth - Source: Taline Bodart

Le documentaire se concentre sur des ouvriers syriens du bâtiment, qui construisent un gratte-ciel à Beyrouth (Liban). Durant la réalisation de ce travail, leurs propres maisons sont détruites par des bombardements en Syrie. Le narrateur explique que, lorsqu’une guerre éclate, les bâtisseurs vont dans un pays où la guerre est terminée afin d’aider à la reconstruction, avant de retourner dans leur propre pays, en temps voulu, pour faire de même.

Le film ne contient pas d’interviews ni de conversations entre les ouvriers, seuls certains récits sont racontés par le narrateur. Les enjeux politiques et leur signification sont donc dépeints à travers des images différentes de celles généralement présentes dans les médias.

Un rapprochement est également fait entre l’odeur et le touché du ciment au cours de leur labeur, qui rappelle aux ouvriers certains évènements violents vécus lors de l’éclatement de la guerre en Syrie, comme, par exemple, le bombardement et l’effondrement constant de maisons.

Les souvenirs de guerre et les conditions de vie de ces bâtisseurs, représentés dans le documentaire de manière très artistique, appellent à la formulation de nombreuses critiques sur la violation de droits des travailleurs et de droits humains fondamentaux.

En effet, on voit les ouvriers dormir - à même le sol et sans matelas appropriés, avec très peu de lumière -, sous le site de construction, auquel ils accèdent par un trou dans le béton. Un couvre-feu leurs étant imposé par le gouvernement, ils ont l’obligation de rentrer dans le sous-sol à 19h maximum tous les soirs. Sachant que leurs journées de travail durent généralement une douzaine d’heures, les bâtisseurs n’ont aucun contact avec le monde extérieur.  A cela s’ajoute le fait que lors du rassemblent quotidien pour écouter les nouvelles le soir, ils sont souvent confrontés à des informations horrifiantes de leurs pays d’origine en guerre,  renforçant leur sentiment de mal-être et vulnérabilité. Malgré cela, les ouvriers réfugiés sont considérés comme chanceux par le reste du monde, de par leur aptitude à avoir trouvé un emploi. En revanche, bien que « chanceux », il est évident que leurs conditions de vie n’atteignent pas le seuil minimum requis par les droits humains.

Le documentaire présente donc une perspective nouvelle, non seulement à travers le statut d’ouvrier des sujets, mais aussi grâce à la touche artistique appliquée envers les travailleurs en exil, ainsi qu’aux réfugiés syriens.

 

Par Taline Bodart

 

 

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