36th Human Rights Coucil – UPR République centrafricaine

ACTUALITES - Le Centre International pour la Paix et les Droits de l’Homme s’est rendu à la session plénière du 28 septembre 2017 tenue par le 36ème Conseil des Droits de l’Homme aux Nations Unies. Le sujet concernait les violations de plusieurs droits de l’homme en République centrafricaine (RCA) commises ces derniers mois. L’experte indépendante Marie Thérèse KEÏTA BOCOUM a présenté son rapport expliquant la situation. Différents délégués d’Etats et d’Organisation Non Gouvernementales ont ensuite pris la parole pour donner leur avis et poser des questions. La session s’est terminée par des remarques finales et des réponses de l’experte. Ce compte rendu commencera par résumer la situation générale de la RCA et dressera ensuite les points importants soulevés lors de ce débat avant de terminer par une conclusion comportant les remarques de l’experte.

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Situation générale en RCA

Depuis plusieurs années, la RCA est victime d’un conflit majeur. Malheureusement, la situation s’est davantage détériorée ces derniers mois. Les violations quotidiennes de droits humains ainsi que l’impunité aux personnes responsables continuent et s’aggravent. Depuis le début de l’année, des violations qui atteignent le seuil de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocides ont été commises. Des milliers de civils ont été arbitrairement exécutés, sexuellement agressés, torturés et ont vu leurs maisons brulées. Des centaines d’enfants soldats sont entrainés et utilisés par les groupes armés. Des centaines de milliers de personnes se retrouvent déplacées de force.

 

Points importants soulevés lors du débat

Tous les délégués et organisations (telles que UNICEF, Human Rights Watch, Amesty International et l’Union Européenne) ayant pris la parole ont fait état de la situation inquiétante en RCA. Ils encouragent la RCA à doubler d’efforts pour améliorer sa situation et la félicitent pour sa mise en œuvre de différents nouveaux mécanismes afin de lutter contre ces violations. Les participants sont également optimistes de la mise en place de la Cour Pénale Spéciale qui se chargera de mettre fin à l’impunité des criminels. Il est essentiel que la Cour commence son travail sans plus tarder afin d’investiguer et juger les responsables. La mobilisation de la communauté international afin d’aider la RCA est aussi importante.

Le délégué du Gabon, un des pays géographiquement proche de la RCA, insiste sur le fait qu’une des mesures à prendre est la levée de l’embargo des armes. Le Gabon soutient la RCA, son « pays frère », dans toutes les démarches entreprises afin de mettre fin au conflit.

L’organisation Human Rights Watch propose quelques solutions spécifiques : les soldats chargés du maintien de la paix devraient doubler d’efforts sur le terrain et le Conseil de Sécurité devrait s’investir plus concrètement.

 

Conclusion et réponse de l’experte

L’experte explique que concernant l’aide financière qui peut être apportée, le plan de la RCA présenté à Bruxelles a été favorablement accepté par la communauté internationale et elle encourage sa mise en pratique.

Par rapport à l’embargo des armes, une levée partielle est possible mais il faut tout de même faciliter l’acquisition d’armes pour les soldats qui sont formés concernant la sécurité. La mise  en place d’une bonne sécurité doit aller de pair avec la justice et la réconciliation.

Concernant la solution judiciaire, l’experte insiste sur le fait que la Cour Pénale Spéciale devra rester indépendante et bien définir les violations commises. Cette Cour est essentielle pour lutter contre l’impunité. Si les groupes armés continuent à bénéficier de l’impunité, il n’y a aucune de raison que le conflit s’achève. D’autres solutions non judicaires sont aussi entrain d’être concrétisées, comme, par exemple, une commission de vérité et une réconciliation se faisant à travers un dialogue entre groupes armés. 

L’experte rajoute et insiste sur la nécessité de l’inclusion des femmes dans la médiation et la réconciliation. Les femmes se mobiliseront afin de prendre en charge les victimes de violences sexuelles et les prépareront à la participation aux procès et aux jugements. Les femmes sont importantes pour ces victimes, elles peuvent leur apporter de l’assistance psychologique afin de leur donner du courage pour aller témoigner.

Pour terminer, l’experte suggère au gouvernement de la RCA de bien communiquer régulièrement à la communauté internationale l’évolution de la situation dans son pays afin que les Etats et les organisations se mobilisent rapidement pour aider à mettre fin au conflit plus efficacement.  

 

Taline Bodart - Assitante de recherche pour le CIPADH

 

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