36th Human Rights Council – Introduction

ACTUALITÉ – Ce lundi 11 septembre, le 36ème conseil des droits de l’homme s’est ouvert au Palais des Nations, à Genève. Ayant pour but de continuer les efforts entamés dans les sessions précédentes, certains dossiers semblent néanmoins alimenter plus d’inquiétudes auprès de la communauté internationale et du haut-commissaire aux droits humains, Zeid Ra’ad AL HUSSEIN, qui estime que le monde est devenu « plus sombre et dangereux qu’auparavant ».  

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Zeid Ra’ad AL HUSSEIN - source : flickr

La 35ème session des droits humains s’est achevée en juin dernier avec plusieurs dossiers restés en suspens. Le conflit dans la région du Kasaï (République démocratique du Congo) ainsi que les tensions au Mexique sont parmi les sujets qui nécessitent encore des discussions afin d’élaborer des résolutions.

Hier, Genève a ouvert ses portes à la troisième et dernière session de l’année 2017, présidé par Joaquín Alexander MAZA MARTELLI (El Salvador), accueillant en son sein les délégations de 47 pays membres. Préoccupé par la question des droits humains, le Conseil est attendu pour ses décisions au sujet de nombreux conflits actuels qui menacent la stabilité et la paix dans différentes régions. Zeid Ra’ad AL HUSSEIN a d’ailleurs profité de son discours d’ouverture pour réaffirmer sa conviction quant à la nécessité de défendre les principes des droits humains afin « d’éviter une guerre globale et une profonde misère ». L’intégralité de son discours peut être retrouvée en cliquant ici.

La situation au Venezuela est bien évidemment sous le feu des projecteurs de la presse internationale ainsi que du haut-commissaire. AL HUSSEIN a insisté sur ce cas qui laisse supposé que « des crimes contre l’humanité y sont perpétrés », comme l’ont révélé les premiers résultats de son enquête. Cette situation est d’autant plus compliquée que le Président actuel, Nicolas MADURO, a refusé de se rendre au Conseil, comme nous en avons informé dans notre revue de presse, au profit d’une visite officielle pour discuter du pétrole à Alger, comme le titre L’Orient le jour. Laissant ainsi supposer que les droits humains le préoccupent moins que le pétrole, son ministre des affaires étrangères, Jorge ARREAZA, a d’ailleurs critiqué « le manque de rigueur méthodologique » d’AL HUSSEIN, d’après les faits rapportés par la Tribune de Genève.

L’OBS informe également des inquiétudes de l’ONU concernant la décision du Président des Etats-Unis, Donald Trump, quant à la fin du programme Daca, accordant un statut légal temporaire à des jeunes sans-papiers. AL HUSSEIN (A.H.) s’est dit inquiet par cette situation et souligne « l'impact positif du programme sur les vies de centaines de milliers de jeunes migrants, et sur l'économie et la société américaine ».

La situation au Myanmar est également au centre de toutes les préoccupations. A.H. a rappelé que selon l’UNHCR, 270'000 personnes ont fui vers le Bengladesh dû aux importantes attaques envers la communauté musulmane des Rohingyas. Il n’a pas hésité à dénoncer cette politique qu’il considère « un exemple type de nettoyage ethnique ».

Si l’engagement du haut-commissaire sur des sujets brulants est évident, des dossiers moins médiatiques ont également fait l’objet d’une remarque. La situation au Cashmere reste un problème sur lequel il travaille et il demande l’investissement et la coopération de la part de l’Inde et du Pakistan. Par ailleurs, il attaque frontalement le Président des Philippines, Rodrigo DUTERTE, et sa politique qui ne laisse plus place à l’investigation ni à la présomption d’innocence. Il explique que les cas d’exécution extrajudiciaire ont brutalement augmenté bien que le ministre de la justice se défende de ces accusations. Enfin, faisant le tour des conflits dans le monde, il rappelle que les guerres en Syrie, au Yémen, en Irak ou en Palestine sont très préoccupantes et nécessitent une attention particulière.

La longueur du discours d’ouverture de Zeid Ra’ad AL HUSSEIN démontre les différents défis quant à la bonne application des principes des droits humains. La 36ème session vient de commencer et il semble déjà évident que la tâche sera ardue. Si les efforts doivent être maintenus, le rôle de l’ONU face à ces problématiques est régulièrement questionné. Comment les droits humains peuvent-ils être intégrés et promus dans une institution intergouvernementale telle que les Nations unies (N.U.) ? Comment les N.U. peuvent-elles faire face à la remise en question montante de ces principes, tant par les gouvernements que par le grand public lui-même ? En espérant que le Conseil pousse à une réflexion autour de ces questionnements, cette 36ème session va contribuer, on l’espère, à rendre ses lettres de noblesse aux principes humanistes.

 

Par Sonia Rodríguez – Chargée de projets au CIPADH

 

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