Définition du mois #11 : Appropriation Culturelle

DEFINITION DU MOIS #11 - L’appropriation culturelle est un thème qui fait débat depuis quelques années et qui attire actuellement une grande attention médiatique suite aux polémiques provoquées par les « écarts » de célébrités comme le footballeur français Antoine Griezmann déguisé en basketteur noir de l’équipe des Harlem Globetrotters, la chanteuse Katy Perry en tenue de geisha lors de sa représentation aux American Music Awards, ou encore Rihanna apparaissant grimée en Néfertiti, épouse d’un pharaon égyptien, en couverture de magasine. En Europe, le terme reste marginal et peu connu, ce qui, accompagné de sa nature complexe, explique les nombreuses controverses l’entourant. A l’occasion de sa définition du mois, le Centre International pour la Paix et les Droits de l’Homme (CIPADH) se penche sur cette notion d’appropriation culturelle, en étudiant dans un premier temps son origine et sa définition académique, avant de s’intéresser à son inclusion au sein de textes juridiques. En deuxième lieu, cet article examinera de plus près les critiques formulées à l’encontre du concept d’appropriation culturelle, en abordant les thèmes du communautarisme et de la politisation de la culture.   

 

 

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Jump Jim Crow - source: Wikimedia Commons

Définition d’appropriation culturelle

Dans le milieu académique

L’appropriation culturelle est un concept provenant des milieux académiques Nord-Américains (Etats-Unis et Canada) faisant référence à « la ‘prise’ – d’une culture différente de la sienne – de propriété intellectuelle, de modes d’expression culturelles, d’artéfacts, d’histoire et de voies de connaissances ». [1] Il s’agit d’une notion vague et complexe, non seulement parce que le phénomène qu’il désigne est multidimensionnel, mais aussi du fait qu’il repose sur l’idée de ‘culture’, elle-même vaste. [2] Des exemples notables illustrant convenablement ce qu’est l’appropriation culturelle incluent le dépôt de brevet d’une compagnie pharmaceutique sur un relaxant musculaire (d-turbocurarine) dérivé d’un poison de flèches amazoniennes ou l’enregistrement d’un chant traditionnel Sénégalais par un artiste de folk Américain. [3]  

Depuis son apparition, de nombreux questionnements ont émergé quant aux fondements de l’appropriation culturelle. Loretta Todd, réalisatrice canadienne d’origine Métis et Cris (communautés autochtones), nous éclaire sur le sujet en proposant une interprétation personnelle selon laquelle nous devrions définir « l’appropriation par rapport au phénomène inverse, c’est-à-dire, l’autonomie culturelle ». [4] En d’autres mots, l’appropriation a lieu lorsqu’un individu parle au nom et défini l’identité et le vécu d’une collectivité culturelle à laquelle il n’appartient pas et qui ne jouit pas de l’autonomie culturelle (le droit à l’interprétation par les membres de la collectivité de leurs propres racines et traditions) nécessaire pour empêcher cette intervention extérieur de devenir le paradigme dominant. [5]

Les notions d’hégémonie et de superstructure culturelle formulées par de nombreux penseurs tels qu’Antonio Gramsci et Karl Marx sont à prendre en compte dans ce contexte. L’hégémonie culturelle traduit la domination de certaines cultures et explique le rôle qu’elles jouent à leur tour dans l’établissement de mécanismes de domination. [6] De cette hégémonie résulte le manque d’autonomie culturelle de certains groupes et c’est à travers un système de privilège épistémique (légitimité à la conception de savoir) appartenant aux classes dominantes que certains stéréotypes culturels voient le jour. [7]

Ainsi, le caractère néfaste de l’appropriation culturelle se devine lorsque la notion est étudiée parallèlement aux théories susmentionnées. En s’arrogant des éléments culturels qui ne sont pas les nôtres et en y apposant nos subjectivités, nous risquons d’effacer des réalités au profit de l’idéologie dominante et de créer de fausses conceptions qui bénéficient d’une validation automatique infondée. Ceci constitue donc une attaque à la viabilité et à l’identité d’une culture et ses membres. [8] En outre, la notion d’appropriation culturelle comprend l’élément concret de vol, lorsqu’une propriété culturelle est dérobée avec l’intention de réaliser des gains financiers, comme c’est fréquemment le cas dans le milieu pharmaceutique par exemple, où de nombreuses compagnies commercialisent les pratiques médicinales de groupes minoritaires. [9]   

Ainsi, trois types de préoccupations émergent de discussions sur l’appropriation culturelle. La première concerne le préjudice que cela peut porter à l’intégrité et l’identité des groupes culturels concernés, la deuxième considère l’impact sur l’objet culturel, qui risque d’être endommagé ou transformé et la troisième aborde l’idée que l’appropriation permet à certains individus de tirer un bénéfice au détriment matériel d’autrui. [10]   

Toutefois, l’appropriation culturelle est omniprésente. Ceci est adéquatement illustré par l’exemple des lettres de l’alphabet anglais, dont les origines sont attribuées aux Phéniciens, un peuple antique venant d’une région qui correspond aujourd’hui au Liban. [11] La pratique d’appropriation survient donc constamment autour de nous lorsque des influences culturelles fusionnent. [12] Cependant, compte tenu de l’incidence potentiellement pernicieuse qu’elle peut avoir sur des groupes marginalisés et leur culture, il semble important de déterminer quelles formes devraient être interdites.            

Dans le milieu juridique

Les récents développements légaux sont ici de bons outils pour comprendre les limites nécessaires à l’appropriation culturelle.

En 2017, James Anaya, doyen du département de droit à l’Université de Colorado et défenseur des droits des minorités autochtones, se prononçait, lors d’une session de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) aux Nations Unies, en faveur de nouvelles lois internationales rendant illégale l’appropriation de la culture autochtone. [13] Il a souligné que l’ONU devrait s’appliquer à « obliger ses Etats membres à créer des procédures efficaces de mise en vigueur criminelle et civile pour reconnaître et éviter la prise non-consensuelle, la possession illégitime, la vente et l’exportation de formes d’expression culturelle traditionnelle. » [14]

Depuis 2001, le Comité Intergouvernementale sur la Propriété Intellectuelle et les Ressources Génétiques, le Savoir Traditionnel et le Folklore (ICG) – mandaté par l’OMPI - prépare des rapports préliminaires aspirant à établir des instruments juridiques pour lutter contre l’appropriation culturelle. [15] Au sein de certains pays aussi, on observe l’apparition d’efforts pour adapter les lois domestiques de propriété intellectuelle à l’enjeu de l’appropriation culturelle. Au Canada, les marques de certification « igloo tag » ou « Genuine Cowichan Approved » sont notamment utilisées afin d’aider les artistes autochtones à promouvoir leur travail en le distinguant de pièces contrefaites. [16] La mention « igloo tag » certifie que le travail est authentiquement Inuit, alors que la seconde certification a été créée à l’effet de protéger les tenues traditionnelles autochtones, en particulier les pulls Cowichan en laine, tricotés et teints à la main. [17]   

Toutefois, on remarque la complexité que représente l’inscription du concept d’appropriation dans la loi à travers la lenteur du processus de l’ICG (17 ans maintenant) ainsi que le manque actuel de lois domestiques. Il est donc difficile de protéger un héritage culturel, non seulement en raison du caractère encore abstrait de l’appropriation culturelle, mais aussi de l’accablante opposition auquel le concept fait face depuis son apparition. De façon à mieux appréhender le débat et tenter d’élaborer des solutions aux réels problèmes que pose l’appropriation culturelle, il est important d’étudier les critiques émises à son encontre.

 

Un concept qui pousse au débat

Le communautarisme, une menace pour l’échange interculturel ?

Une critique éminente de la notion d’appropriation se rapporte au concept de communautarisme, qui désigne une philosophie exprimant « la volonté de voir attribuer à certains groupes, définis par des critères socioculturels, des droits particuliers non reconnus par le système libéral classique ». [18] Aujourd’hui, le terme « communautarisme » est utilisé pour parler d’un ethnocentrisme accordant aux communautés une plus grande importance qu’aux individus, qui sont conséquemment perçus comme une masse uniforme adhérant consensuellement aux mêmes idées. Cette notion est donc employée, dans le contexte de discussions à propos de l’appropriation culturelle, pour désigner un phénomène d’encouragement au communautarisme et par conséquent aux divisions entre différentes communautés et à l’association dogmatique de codes à certains comportements. En d’autres termes, l’argument est que la polémique autour de l’appropriation culturelle, plutôt que de sauvegarder les objets et les pratiques culturelles, pousse à l’enfermement de chacun dans sa culture respective. [19] Une observation intéressante défend qu’en parlant d’appropriation culturelle et en tentant d’interdire l’échange interculturel de manière trop draconienne, on utilise contre le racisme des armes racistes. [20]

Le contre argument à ces considérations s’intéresse aux réalités sociales, politiques et économiques des pays où cohabitent différentes cultures. Aujourd’hui, de nombreuses sociétés aspirent à promouvoir une homogénéité sociale à travers des stratégies politiques construites sur des notions d’égalité. Ceci peut être atteint de jure (par exemple en termes de législation), mais ces mesures créent simultanément une situation dans laquelle des groupes subordonnés se voient forcés de s’assimiler à la culture dominante, ce qui menace d’éroder les identités individuelles. [21] D’autre part, certains pays favorisent les variations sociales et la diversité culturelle (illustré par le multiculturalisme canadien ou les politiques d’intégration aux Etats-Unis, pays souvent décrit de ‘melting pot’), privilégiant ainsi des idées de respect égal pour la différence. [22] Toutefois, on note des incohérences entre cette idéologie de célébration de la diversité et la praxis politique. En effet, de nombreux sociologues et politologues ont remarqué que les apparences d’homogénéité et d’unité dissimulent en réalité des pratiques de dominations qui sont encore omniprésentes au sein de ces pays ayant prétendument une culture commune et harmonieuse. Ceci se manifeste par exemple à travers les statistiques de ségrégation raciale aux Etats-Unis ou d’inégalité des chances entre Canadiens originaires de l’Etat colonial et Canadiens autochtones. Par conséquent, beaucoup avancent que la solidarité communautaire, plutôt que de diviser, permet aux collectivités culturelles de résister à l’assimilation et à l’effacement de leur histoire d’oppression, dont la marginalisation continue actuelle - aussi discrète soit-elle - est d’autant plus dangereuse si elle est négligée. [23]

La politisation de la culture, ou quand les actes de chacun devient la préoccupation de tous

Poursuivant sur la lancée des questions soulevées par le concept de communautarisme, une critique supplémentaire qu’il est important de mentionner est l’idée que les conversations au sujet d’appropriation culturelle provoquent une politisation de certains individus, qui ne se retrouvent pas forcement dans les accusations portées par leur communauté supposée. Subséquemment, ces personnes se trouvent souvent accusées de dé-solidarité s’ils ne s’identifient pas à une cause qui est associée à leur origine, leur sexe, leur milieu socio-économique etc. [24] Par exemple, une femme déclarant ne pas se considérer féministe est souvent accusée de complicité avec le système patriarcale. [25] En ce sens, on impose un combat social à des individus en raison de nos perspectives, ce qui relève d’un procédé essentialiste, alimentant tout exercice de domination. De la même manière, certaines traditions ou artéfacts sont aussi fusionnés à des considérations politiques alors que leur essence semble à la base être apolitique. [26]

Toutefois, malgré l’aspect vraisemblablement personnel et affectif du débat sur l’appropriation culturelle, il est crucial de replacer tous les actes sujets d’accusations dans un contexte plus général, nous forçant à reconnaître que chaque agissement ne constitue pas un fait isolé se produisant en vase clos. Effectivement, toute activité d’appropriation culturelle représente un problème fondamentalement politique parce qu’elle reflète en permanence des relations de pouvoir. [27] Autrement dit, la notion de pouvoir est centrale au concept d’appropriation culturelle. La difficulté est donc de passer au-dessus de questionnements individuels pour percevoir le tableau d’ensemble, qui nous apprend aujourd’hui que de nombreux groupes minoritaires et sujets (les colonisés, les marginalisés et les subordonnés) cherchent à réaffirmer et à protéger leurs droits à leur héritage culturel. [28] L’aspect problématique de l’appropriation culturelle ne se cantonne pas uniquement aux motivations individuelles de l’auteur de l’action, mais concerne plutôt l’impact que cette action acquière en termes de relations de pouvoir. Ici, il est pertinent de s’appuyer sur les réflexions du philosophe français Michel Foucault,sur le biopouvoir et les biopolitiques, qui en bref font référence à la construction des identités de tout sujet social à travers un ensemble de techniques qui sont « proposées ou prescrites aux individus pour fixer leur identité, la maintenir ou la transformer .» [29] Autrement dit, l’identité du sujet moderne (ou des collectivités culturelles, si on applique cette théorie au problème examiné dans cet article), se construit au croisement de techniques de pouvoir (qui objectivent) et de soi/de la vie (qui subjectivent), dans un nombre de formes déterminées. [30] Chacun est donc influencé par des forces sociales qui dictent plus ou moins ses décisions, opinions et positions. [31] Conformément à cette vision de la société moderne, toute personne et tout acte est donc imprégné de pouvoir politique, conscient ou non, qui a à son tour un impact foncièrement politique. Ceci peut se manifester, dans le cas de l’appropriation culturelle, par une symbolique faisant par exemple référence à une histoire coloniale ou raciale douloureuse. Pour reprendre l’exemple du cas Griezman, le fait de se peindre le visage en noir peut paraître anodin aujourd’hui, mais un tel agissement renvoie au « Jump Jim Crow », une dance/chanson inventée en 1828 par un homme blanc en « blackface » (le visage peint en noir) pour imiter les populations Afro-Américaine de manière péjorative. Cette représentation va de pair avec les lois Jim Crow de ségrégation raciale de 1876 à 1964 aux Etats-Unis, qui interdisaient entre autres aux Afro-Américains de s’inscrire aux écoles ou de s’asseoir dans les bus réservés aux personnes blanches. [32] De nos jours, opter pour un déguisement de personnage noir semble être un agissement innocent et dénué de sens, mais il rapporte à une politique raciale qui non seulement (comme nous l’avons précédemment établi) est encore belle et bien active, mais qui subsiste aussi à travers la biopolitique.      

Appropriation versus appréciation

Ce dernier point engendre une nouvelle considération : qu’en est-il de l’appréciation culturelle ? Nombreux sont ceux qui se questionnent actuellement sur la possibilité d’admirer une culture et de s’inspirer de certains de ces objets, valeurs ou pratiques. La réponse simple est relative une nouvelle fois à la non-connaissance. En effet, ce qui distingue l’appropriation de l’appréciation est l’ignorance à la fois des valeurs symboliques culturelles ainsi que du poids politique véhiculé par des objets ou des pratiques. Réduire un objet culturel à sa matérialité et le dénuer de son sens traditionnel représente un danger particulier pour la culture auquel il appartient. [33] Afin d’apprécier une culture sans lui porter atteinte, il est donc essentiel de réfléchir à l’histoire de l’objet culturel en question ainsi que du contexte dans lequel il va être amené à la suite de son appropriation ou appréciation. [34] 

Conclusion

Lorsqu’on parle d’appropriation culturelle, le débat tourne donc souvent autour de la question suivante : est-il préférable de marquer les différences culturelles ou d’adopter une approche plus ‘color-blind’ qui vise à voir le monde uni et sans différences ? Comme cet article l’a démontré, la deuxième option est dangereuse parce qu’elle induit à oublier l’histoire douloureuse de discrimination dont ont été victimes certains groupes minoritaires. Toutefois, renforcer les différences qui sont à la source de politiques discriminatoires ne semble pas être la solution non plus. Il s’agit donc de trouver un juste milieu entre divisions rigides et fausses croyances d’homogénéité, afin d’arriver à un réel partage bilatéral de la culture, alimenté par de la reconnaissance informée. La réponse semble par conséquent se trouver dans l’éducation, ce qui permettrait à chacun de connaître la signification d’objets culturels et devrait décourager leur appropriation irréfléchie et irrespectueuse. Pour revenir aux exemples présentés dans l’introduction de cet article, des connaissances des lois Jim Crow aux Etats-Unis et le phénomène de « blackface » auraient sûrement permises à Antoine Griezmann de savoir quelle faute il commettait en se colorant le visage. De la même manière, si Katy Perry avait été plus informée sur la longue histoire de fétichisation de la culture japonaise à travers l’image de la geisha, elle ne se serait peut-être pas permise d’utiliser ce thème de manière aussi stéréotypée. En conclusion, réprimander l’appropriation culturelle n’éliminera certainement pas les marginalisations actuelles et n’effacera pas les tords passés, mais contribuera néanmoins à réduire les chances de renforcer inconsciemment des inégalités structurelles coupables de maintenir des hiérarchies sociales.   

Par Manon Arundhati Fabre – Assistante de Recherche au CIPADH

Bibliographie

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[4] Todd, L. (1990). Notes on appropriation.

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[6] Gramsci, A. (1995). Further selections from the prison notebooks. U of Minnesota Press.

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[10] Ziff, B. H., & Rao, P. V. (Eds.). (1997). Borrowed power: Essays on cultural appropriation. Rutgers University Press.

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[13] CBC. Cultural appropriation: Make it illegal worldwide, Indigenous advocates say. http://www.cbc.ca/news/canada/north/cultural-appropriation-make-it-illegal-worldwide-indigenous-advocates-say-1.4157943

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[15] World Intellectual Property Organization. Intergovernmental Committee (IGC). http://www.wipo.int/tk/en/igc/

[16] Udy, V. (2015). The Appropriation of Aboriginal Cultural Heritage: Examining the Uses and Pitfalls of the Canadian Intellectual Property Regime. Cahiers de propriété intellectuelle.

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[18] Poizat, J. (2001). Le communautarisme et la question du droit des minorités selon Charles Taylor. Contre un déni de justice. Le Philosophoire, 15,(3), 23-30.

[19] Christodoulidis, E. A. (Ed.). (2016). Communitarianism and citizenship. Routledge.

[20] Todd, L. (1990). Notes on appropriation.

[21] Ziff, B. H., & Rao, P. V. (Eds.). (1997). Borrowed power: Essays on cultural appropriation. Rutgers University Press.

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[25] The Guardian. (2013). The backlash against feminism aims to preserve the 'manosphere'. https://www.theguardian.com/commentisfree/2013/jul/31/backlash-against-feminism-manosphere-women

[26] Wright, S. (1998). The politicization of'culture'. Anthropology today, 14(1), 7-15.

[27] Ziff, B. H., & Rao, P. V. (Eds.). (1997). Borrowed power: Essays on cultural appropriation. Rutgers University Press.

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[29] Foucault, M. (1976). La volonté de savoir: Histoire de la sexualité 1. Gallimard.

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[32] Tischauser, L. V. (2012). Jim Crow Laws. ABC-CLIO.

[33] Pham, M. H. T., & Ali, Z. (2017). Pour un discours inapproprié d’appropriation culturelle. Tumultes, (1), 117-125.

[34] Huffington Post. (2017). The Fine Line Between Cultural Appropriation And Appreciation. http://www.huffingtonpost.ca/meera-solanki-estrada/the-fine-line-between-cultural-appropriation-and-appreciation_a_23004529/

 

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