Debout pour la liberté d’expression sur la place des Nations

ACTUALITES.- Ce lundi 14 septembre marque l’inauguration de l’œuvre Anything to say ? représentant les figures en bronze de Julian Assange, Chelsea Manning et Edward Snowden, debout sur des chaises. Une initiative pour inciter les citoyens à prendre conscience de leur droit à s’exprimer librement. Ce monument itinérant est exposé sur la place des Nations jusqu’au vendredi 18 septembre.

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L'artiste Davide Dormino et son oeuvre Anything to say ? sur la place des Nations à Genève.

Quatre chaises et trois figures de bronze se tiennent, là, au milieu de la place des Nations. Edward Snowden, Julian Assange et Chelsea Manning, debout sur leur chaise, surplombent la foule. A leurs côtés une quatrième chaise est volontairement laissée libre pour inciter les badauds à grimper eux-aussi. L’occasion pour chacun de s'exprimer librement aux côtés de ces lanceurs d’alertes qui ont osé livrer des secrets que certains n’auraient pas voulu que l’on révèle. Une décision lourde de conséquences, qu’ils payent encore aujourd’hui. Julien Assange, le cofondateur du site WikiLeaks, est prisonnier dans l'ambassade d'Equateur à Londres, tandis que l'informaticien américain Snowden s’est réfugié en Russie, loin de la juridiction américaine. Une échappatoire que n’a pas eue Manning, l’ancien soldat condamné aux Etats-Unis à 35 ans de prison pour avoir livré des secrets d'Etat.

Demande d’asile pour Snowden et Assange

Pourtant, ces trois hommes sont devenus le symbole de la liberté d’expression. « Ils sont considérés comme des traitres à leur patrie, mais pour nous ce sont des héros de notre temps », raconte Guy Mettan, président du Club Suisse de la Presse. Cette exposition de l’artiste italien Davide Dormino est un hommage au courage de ces hommes, mais pas seulement. « Cette œuvre est une tentative d’expliquer au plus grand nombre qu’il faut sortir de sa zone de confort. Monter sur cette chaise, c’est voir une autre perspective et s’offrir une vision différente des choses », raconte le sculpteur. Présente jusqu’à vendredi sur la place des Nations, cette exposition est destinée à accompagner la motion parlementaire « Pour une meilleure protection des lanceurs d'alerte », proposée par le politicien suisse Oskar Freysinger, et loin de toute considération politique. Cet évènement est aussi le moyen pour l'association Anything to Say ? , partenaire de l’événement avec le CIPADH et Press Emblem Campaign, de demander l’asile politique de Edward Snowden et Julian Assange, mais aussi leur naturalisation. Pour l’heure, une pétition a été lancée pour soutenir cette motion. « Ce monument est d’abord et avant tout l’expression de nos libertés. La Suisse devrait donner l’asile politique à Snowden », tonne lui aussi de son côté le parlementaire genevois Patrick Dimier.


Ce n’est pas la première fois que ces trois statues de bronze sont exposées. Elles l’avaient déjà été à Berlin en mai dernier, puis à Dresde en juin et très prochainement à Paris. Et pourquoi ne pas rester définitivement à Genève une fois le tour du monde terminé ?  « Genève est pour moi un emblème de la tolérance et de la culture », raconte l'artiste. Et quand on le questionne sur la possibilité que son œuvre soit exposée aux Etats-Unis, il surprend tout le monde : « Nous avons presque une commande ferme pour une réplique de la part du campus de Berkley. » Une chose est sûre, ce monument itinérant donne un nouveau visage à la liberté d’expression et au droit à l’information.

Grégory Chariot
journaliste indépendant

Vous pouvez retrouver l’intégralité de la conférence de presse sur le streaming ci-dessous :


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