Graves violations des droits de l'homme au Sud-Soudan

Français

Le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme Zeid Ra’ad Al Hussein a condamné l’aggravation des violences entre les forces gouvernementales et les forces d’opposition au Sud-Soudan ces dernières semaines qui ont causé des violations graves des droits fondamentaux des populations civiles.[1]

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies estime que plus de 100 000 personnes ont été déplacées à cause des récents combats entre le Mouvement populaire de libération du Soudan et les forces gouvernementales, soutenues par des groupes de jeunes combattants et des milices. Environ 2 300 civils, principalement des femmes et de jeunes enfants, ont cherché la protection des Nations unies sur la base de Bentiu depuis le 20 avril. Ces personnes s’ajoutent aux 50 000 autres déplacés internes installés dans ce camp depuis le début du conflit, en décembre 2013.

Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies recense au moins 28 villes et villages de l’État d’Unité attaqués en l’espace de deux semaines, entre le 29 avril et le 12 mai. Les correspondants d’Amnesty International ont récolté les témoignages de victimes relatant les exactions commises par les forces gouvernementales. Celles-ci ont incendié des villages entiers, tuant et frappant les résidents, pillant bétail et autres biens. Ces attaques ont été  accompagnées par des actes de violence sexuelle et des enlèvements de femmes et d’enfants. [2] Pour l’organisation, ces événements démontrent l’échec de l’action régionale et internationale.

Ces atrocités ont suscité de vives réactions parmi la communauté internationale. Il y a deux jours, l'ONU a appelé les dirigeants du Sud-Soudan à mettre fin aux violations du cessez-le-feu signé par les parties au conflit le 23 janvier 2014[3]. Plus concrètement, le Secrétaire général M. Ban Ki-moon a prié le Président du Soudan du Sud, Salva Kiir, et son rival, l'ancien Vice-Président, Riek Machar, de stopper les opérations militaires et de respecter leur obligation de protéger les civils d’après les principes relatifs au droit international humanitaire. M. Ban a en outre signalé aux parties qu'elles devaient respecter l'inviolabilité des locaux de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS), surtout les sites de protection des civils, après la mort de quatre déplacées interne dans une fusillade. [4]

Par ailleurs, Amnesty International demande à ce que le Conseil de sécurité des Nations unies impose à toutes les parties au conflit un embargo complet sur les armes. L’organisation de défense des droits de l’homme exhorte le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) à prendre en compte un rapport établi par la commission d'enquête sur le Soudan du Sud et qu’il soit rendu public.


 

[1] “South Sudan: Escalation of fighting worsening already intolerable suffering of civilians – Zeid, “ Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies. http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/Media.aspx?IsMediaPageFR=true&LangID=E, consulté le 22 mai 2015

[2] « Soudan du Sud. La montée de la violence met en évidence l’échec de l’action régionale et internationale. » Amnesty International. Publié le 22.05.2015. http://www.amnesty.fr/CP-Soudan-du-Sud-La-montee-de-la-violence-met-en-evidence-echec-de-action-regionale-et-international-15218, consulté le 22 mai 2015

[3] « Soudan du Sud : l'ONU appelle à mettre fin aux violations du cessez-le-feu. » 20 mai 2015. Centre d’actualités de l’ONU. http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=34827#.VV9OUruJiUk, consulté le 22 mai 2015

[4] Idem

Category: