Journée Internationale du souvenir de la traite négrière et son abolition

ACTUALITE – En ce 23 août, nous célébrons la journée internationale du souvenir de la traite négrière et son abolition. Initiée en 1998 par l’UNESCO, cette journée permet de se rappeler des millions de victimes à travers les âges ainsi que de marquer le triomphe contre l’esclavage et la barbarie. La commémoration et l’enseignement restent les deux moyens les plus marquants mis en place pour saluer le courage de ceux qui ont osé se révolter contre l’injustice. Explication.

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Souvenir de la traite négrière et de son abolition – source : www.97320.com

Ce mardi 23 août est marqué par la journée internationale de la traite négrière et son abolition. Plus qu’une simple journée commémorative, elle est le symbole de l’acharnement contre des déportations forcées, déshumanisant des personnes. Elle est aussi l’emblème du travail mené par l’UNESCO pour que ces actes ne tombent jamais dans l’oubli. 

La nuit du 22 au 23 août 1791, les esclaves de l’île de St-Domingue lançaient l’insurrection contre le système esclavagiste, ce qui les mèneraient à la liberté et à l’indépendance de l’ile en 1804, rebaptisée Haïti en conséquence. Cette date symbolique rappelle que des esclaves ont pu se délivrer de leur chaine grâce à leur courage et leur ténacité, éléments également salué en cette journée internationale. Pour Irina Bokova, directrice de l’UNESCO, cette célébration est à la fois un « devoir de mémoire »1 ainsi qu’une « inspiration pour lutter aujourd’hui contre toutes les formes de servitude, le racisme, les préjugés, les discriminations raciales et les injustices sociales hérités de l’esclavage ».2  

Ces objectifs sont également exprimés au sein d’un projet international mené par l’UNESCO, La route de l’esclave. A travers des recherches scientifiques, des conférences et des publication d’ouvrages, ce projet interculturel permet de toucher un grand nombre de personnes et d’atteindre son but d’information par la pédagogie, l’éducation et la sensibilisation. Les différentes célébrations dans le monde et la sauvegarde de lieux symbolisant la résistance sont aussi des moyens prévus par l’UNESCO pour maintenir la mémoire vivante. 

Si l’importance d’une mémoire vive est soulignée, la réconciliation est également mise en œuvre pour apaiser les blessures du passé. En intégrant les descendants des victimes africaines à l’écriture de leur propre histoire, les stéréotypes sont progressivement réduits. Cet objectif va de pair avec un récent programme adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies, 2015 – 2024 : Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine, qui œuvre pour « renforcer les mesures et activités de coopération nationales, régionales et internationales pour garantir le plein exercice des droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques des personnes d’ascendance africaine ainsi que leur pleine et égale participation à la société sous tous ses aspects ».3 Ce programme cherche à renforcer la collecte de données « visant à honorer et conserver la mémoire historique des personnes d’ascendance africaine ».4 Par ce biais, le résultat à long terme sera également d’« honorer la mémoire des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves ».5

 

Ces moyens mis en place sont des vecteurs de rapprochement qui maintiennent la mémoire vivante pour éviter la répétition des erreurs du passé et qui permettent également de changer les lois, ainsi que les mentalités. Comme il est écrit dans la Déclaration mondiale contre le racisme « Nous reconnaissons que l’esclavage et la traite des esclaves, en particulier la traite transatlantique, ont été des tragédies effroyables dans l’histoire de l’humanité, en raison non seulement de leur barbarie odieuse, mais encore de leur ampleur, de leur caractère organisé et tout spécialement de la négation de l’essence des victimes; nous reconnaissons également que l’esclavage et la traite des esclaves constituent un crime contre l’humanité et qu’il aurait toujours dû en être ainsi (…) » (Durban, 2001, para. 13, p. 7).6

 

1 UNESCO, La Route de l'esclave 1994-2014 - Le chemin parcouru [en ligne], (2014), p.2

2 UNESCO (Irina Bokova), Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition [en ligne], (2016). Disponible sur : http://www.unesco.org/new/fr/unesco/events/prizes-and-celebrations/celeb... (consulté le 23 août 2016)

3 Nations Unies, 2015 – 2024 : Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine [en ligne], (2015). Disponible sur : http://www.un.org/fr/events/africandescentdecade/plan-action.shtml (consulté le 23 août 2016)

4 IBID

5 IBID

6 Nations Unies, Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, du 31 août au 8 septembre 2001, Durban (Afrique du Sud), PDF, 2001, paragraphe 13, p. 7

 

Par Sonia Rodríguez - Coordinatrice de projets au CIPADH

 

Webographie

Nations Unies, Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, du 31 août au 8 septembre 2001, Durban (Afrique du Sud), PDF, 2001, 67 pages. Disponible sur : http://www.un.org/french/WCAR/durban_fr.pdf (consulté le 23 août 2016) 

Nations Unies, 2015 – 2024 : Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine [en ligne], (2015). Disponible sur : http://www.un.org/fr/events/africandescentdecade/plan-action.shtml (consulté le 23 août 2016)

UNESCO, La Route de l'esclave 1994-2014 - Le chemin parcouru [en ligne], (2014), 12 pages. Disponible sur : http://unesdoc.unesco.org/images/0022/002284/228475f.pdf (consulté le 23 août 2016)

UNESCO (Irina Bokova), Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition [en ligne], (2016). Disponible sur : http://www.unesco.org/new/fr/unesco/events/prizes-and-celebrations/celeb... (consulté le 23 août 2016)

 

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