L’actualité dans tous ses états – 10 janvier 2018

ACTUALITÉ – La Revue de Presse du CIPADH présente les points forts de l'actualité des droits humains et du maintien de la paix. Les évènements couverts cette semaine sont : la nouvelle politique mise en place par le gouvernement israélien  à l’égard des migrants en situations irrégulières, la mise en examen de deux journalistes en Birmanie ainsi que les escalades armées à l’encontre des civils en Centrafrique. Bonne lecture ! 

Français

Simple globe - Source: Wikimedia Commons

L’ultimatum du gouvernement israélien envers les migrants

Alors que plusieurs centaines de migrants ont été secourus en Méditerranée aux larges des côtes libyennes, dimanche 7 janvier 2018, le gouvernement d’Israël vient d’annoncer l’orientation de sa politique en matière d’immigration. En effet, comme rapporté par le quotidien français Le Monde, le premier ministre Benyamin Nétanyahou a annoncé que les migrants en situation irrégulière devraient soit quitter le pays soit être emprisonnés. Les migrants se verraient proposer l’ultimatum suivant : quitter le pays avec une enveloppe de 3'000 euros dans les trois mois (à partir de février 2018)  ou être incarcérés en Israël pour une durée indéterminée. Comme expliqué par le journal espagnol La Vanguardia, cette mesure toucherait près de 40'000 individus dont 35'000 Erythréens et Soudanais fuyant, dans la majorité des cas, des situations de conflits armées ou de misère économique. The Guardian explique qu’ayant conscience que la majorité de ces individus ne peuvent retourner dans leurs pays d’origine, le gouvernement aurait, selon plusieurs ONG israéliennes, signé des accords avec des pays comme le Rwanda pour effectuer un transfert de migrants vers ces pays. Cependant, selon le The Huffington post, ces pays ne seraient pas sûrs pour les réfugiés dont certains préfèreraient, à choisir, se faire incarcérer en Israël plutôt que d’être renvoyé vers un pays pouvant nuire à leur sécurité. Le haut-commissaire des Nation Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a condamné cette mesure en rappelant, selon Haaretz, qu’Israël ne devrait pas oublier « son passé douloureux avec la migration et l’exil » tout en soulignant que « les nouvelles générations ne devraient pas oublier le fait que les réfugiés fuient non pas par choix mais obligation ».

L’emprisonnement de deux journalistes birmans du Reuter

Comme rapporté par le quotidien suisse, 24 heures, ce mercredi 10 janvier 2018, deux journalistes de l’agence de presse britannique Reuters ont été mis en examen par le gouvernement birman pour « atteinte au "secret d'Etat" ». Les deux hommes âgés de 27 et 31 ans ont été arrêtés le 21 décembre 2017 alors qu’ils réalisaient une enquête sur les exactions commises à l’encontre des Rohingyas.   Accusés d’être en possession de documents concernant les opérations sécuritaires birmanes, les deux hommes encours jusqu’à quatorze ans de prison, comme expliqué par le journal équatorien El Telégrafo.  Selon The New York Times, depuis le début de la campagne des militaires contre les Rohingyas, le gouvernement empêcherait les journalistes indépendants de rejoindre les lieux afin d’éviter la collecte des preuves des atrocités qui pourraient y être commises. Comme rapporté par le même journal américain,  le rédacteur en chef de Reuters, Stephen J. Adler appelle à l’innocence et la libération des deux hommes, qui selon lui, seraient victimes d’une attaque à la liberté de la presse. Cet appel a ainsi été appuyé, selon Reuters,  par de nombreux gouvernements tels que celui des Etats-Unis ou du Canada ainsi que par de hauts dirigeants au sein des Nations Unies. Selon Le Monde, plusieurs organismes chargés de la défense des droits humains considèrent cette nouvelle atteinte à la liberté d’expression comme un « retour en arrière en matière de liberté ».

Les nouvelles escalades armées en Centrafrique engendrant plusieurs milliers de réfugiés

Depuis fin décembre 2017, les conflits opposant les groupes armés Mouvement national pour la libération de la Centrafrique et Révolution et Justice continuent autour de la ville de Paoua (nord-ouest du pays) selon La Croix. Ces nouvelles insurrections auraient, selon UN News, engendré la fuite de près 30'000 personnes. Le Tchad, qui accueille déjà près de 75'000 réfugiés centrafricains, continue à fournir sa protection internationale aux individus arrivant. Cependant, malgré l’accueil octroyé, la situation se détériore en Centrafrique. Comme expliqué par le journal espagnol Europa Press, Médecins Sans Frontière ont dû, en raison d’affrontements, fermer sept de leurs dispensaires, laissant ainsi la population parfois blessée sans soins. En ne contrôlant qu’une partie limitée de son territoire, La Croixexplique l’Etat abandonne le reste de sa population aux mains de divers groupes armés dont la violence exacerbée semble être le  moyen de contrôler des ressources naturelles tel que l’or ou les diamants. En effet, comme le rappelle le Journal de Bangui, le conflit a, depuis 2013, généré 630'000 déplacements internes et près de 545'000 réfugiés centrafricains en quête de sécurité.   

Par Line Barabant - Assistante de recherche au CIPADH

Category: