L’Actualité dans tous ses états – 1er Juin 2017

La Revue de Presse du CIPADH présente les points forts de l'actualité des droits humains et du maintien de la paix. Cette semaine, focus sur la légalisation du mariage homosexuel à Taiwan, la nouvelle loi martiale aux Philippines, l’autoritarisme grandissant en Egypte et les conséquences du cyclone Mora au Bangladesh.

 

 

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Mariage homosexuel à Taiwan, vers la première légalisation en Asie

Le 24 mai, en abrogeant une loi du code civil qui interdit le mariage entre personnes du même sexe, Taiwan est devenue le premier Etat asiatique à légaliser le mariage homosexuel. Néanmoins, pour que la légalisation soit officielle, le gouvernement doit encore mettre cette loi en place dans un délai de deux ans. Le South China Morning Post un journal hongkongais, revient sur cette décision historique et insiste sur ses implications à la fois nationale-- une remise en cause du statu quo de la Chine continentale-- et internationale car cette décision positionne Taiwan comme un véritable précurseur en matière de Droits Humains. Comme le souligne NBC News,  le succès de cette nouvelle décision donne espoir et “sert de modèle” à la communauté LGBTQ et ses défenseurs dans les pays d’Asie tel que le Cambodge ou le Vietnam.

 

Aux Philippines, la loi martiale ouvre la porte aux abus  

Déjà évoqué par le CIPADH dans un article dédié à ce sujet, cette semaine a été marquée par une répression grandissante de la part du gouvernement Duderte face aux avancées islamistes dans le Sud du pays. En effet, le 23 mai, ce dernier a instauré la loi martiale sur l’île de Mindanao en réponse aux attaques terroristes perpétrées par des militants de l’Etat Islamique dans cette région.  Comme le souligne PhilStar, un journal quotidien philippin, la loi martiale ne semble pas avoir de limite ni dans le temps ni en terme des mesures qui peuvent être prises. Cette loi révoque la loi fondamentale qui assure un procès légitime avant toute condamnation (habeas corpus), les abus sont donc justifiés au nom de la protection des citoyens et de la loi maritale.  Ainsi, Libération a relevé les propos scandaleux du Président Duderte qui banalise le viol au nom de cette loi: “(...) en ce qui concerne la loi martiale et ses conséquences, moi et moi seul serai responsable. Si vous violez trois femmes, je dirai que c’est moi qui l’ai fait.” Comme le souligne Human Rights Watch, si aucune limite n’est imposée sur cette loi autoritaire, celle-ci représentera un véritable danger pour le pays, puisqu’elle sera une menace pour la pleine jouissance des libertés fondamentales.

 

La communauté Rohingya menacée par un cyclone au Bangladesh

Hier au Bangladesh, le Cyclone Mora a fait 7 morts, plus de 50 blessés et a mis danger des dizaines de milliers de réfugiés de la communauté Rohingya provenant du Myanmar. Les Rohingya sont une minorité musulmane rejetée par le gouvernement du Myanmar à majorité Bouddhiste, dont des centaines de milliers trouvent refuge dans des camps au Sud-Est du Bangladesh. Comme le souligne le Haut Commissariat  pour les Réfugiés, qui a déployé des équipes sur place pour venir en aide aux victimes, en plus des persécutions religieuses, les difficultés rencontrées sont nombreuses: coupure d'électricité dans les camps, accès difficile à l’eau potable et latrines et manque de denrées alimentaires, par exemple.

 

Répression grandissante en Egypte

Cette semaine le Président Abdel Fattah-al-Sissi, ancien général militaire, a signé plusieurs lois qui imposent des restrictions sévères et sans précédent sur la société civile. Comme le pointe du doigt Le Monde « Le président muselle un à un tous les espaces d’expression libre et de dissidence ». Effectivement, Amnesty International s’effraie des mesures prises à l’égard des ONG. La nouvelle Loi 70 de 2017 impose désormais aux 46 000 ONG en Egypte, de devoir se conformer aux priorités du gouvernement sous menace de peine de prison et interdit de faire des enquêtes sur le terrain sans permission de l’état. Quant à la presse et les réseaux sociaux, al Sissi a « au nom de la sécurité nationale » remis en cause la liberté d’expression des Egyptiens. En effet, le 25 Mai, 21 sites Web de médias (notamment qataris ou des Frères Musulmans) ont été bloqués par le gouvernement comme Daily News Egypt ou Al Jazeera.

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