L’actualité dans tous ses états – 2 novembre 2017

ACTUALITÉ – La Revue de Presse du CIPADH présente les points forts de l'actualité des droits humains et du maintien de la paix. Les évènements couverts cette semaine sont : l’assassinat d’une militante tchétchène pro-européenne, les efforts du peuple gambien pour amener l’ancien dictateur Yahya Jammeh devant la justice ainsi que les dénonciations des violences faites aux femmes par les participantes du concours de beauté Miss Pérou. Bonne lecture ! 

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  • Combattante tchétchène tuée à Kiev

Comme rapporté par France 24, la combattante tchétchène Amina Okouïeva a été, ce lundi 30 octobre 2017, victime d’une embuscade durant laquelle elle a trouvé la mort. Le quotidien explique qu’elle et son mari ont été pris au piège avant d’être victimes d’une attaque armée au cours de laquelle Amina Okouïeva a succombé à ces blessures, contrairement à son mari Adam Okouïeva qui en sort vivant. Cette militante, notamment connue comme la figure de proue du mouvement Euromaïdan qui a  secoué l’Ukraine en 2014, avait déjà été ciblée lors d’une précédente attaque en juin dernier au cours de laquelle l’homme voulant perpétuer son assassinat et celui de son mari avait usurpé l’identité d’un journaliste du quotidien Le Monde. Le parcours atypique de ce couple a été retracé par le Courrier International. Chirurgienne de formation, elle s’était fortement impliquée lors de la « révolution de la dignité », puis était devenue combattante régulière contre les forces pro-russes présentes en Ukraine. Depuis peu, elle s’était engagée comme assistante parlementaire auprès du député Igor Mossiytchouk, du parti radical,   avec lequel elle voulait mettre fin au gouvernement du président tchétchène Ramzan Kadyrov. Comme soulevé par les trois quotidiens ci-dessus, ce nouvel assassinat souligne le climat de tension auquel l’Ukraine fait actuellement face, connaissant depuis le début de l’année des attaques semblables à celle ayant coûté la vie d’Amina Okouïeva.

  • Justice pour les Gambiens contre l’ancien dictateur Yahya Jammeh

Comme indiqué par All Africa, le mouvement pour traduire l’ex-président Yahya Jammeh en justice se renforce depuis le 19 octobre 2017, date de la réunion entre les victimes et de nombreuses ONG gambiennes et internationales à Banjul, pour réfléchir sur la question. Voice of Americaexplique que cette campagne internationale répond aux exactions commises à l’encontre des droits humains durant les 22 ans de règne de l’ancien président. Il s’est exilé depuis janvier 2017 en Guinée équatoriale après avoir contesté les résultats des élections présidentielles en décembre 2016, qui a ensuite mené à l’accroissement de la pression de la communauté internationale. Comme informé par Le Monde, c’est aujourd’hui au tour de la population gambienne de demander justice, porté par l’exemple du procès de Hissène Habré (ancien président du Tchad).  De nombreuses ONG internationales telles que Human Rights Watch, TRIAL International et la Fondation pour l’égalité des chances en Afrique se penchent sur la question de la meilleure stratégie à adopter afin de traduire l’ancien chef d’Etat en justice. Jeune Afrique rapporte notamment que ces derniers mois, près de 250 personnes se sont déjà réunies au Centre gambien pour les victimes de violations des droits humains pour témoigner et s’assurer de l’élimination de son impunité qui perdure depuis près de deux décennies.  

  • Quand la beauté se met au service des droits de la femme

 « Mes mensurations sont : plus de 25% des filles et adolescentes sont victimes d’abus dans leurs écoles », «  Mes mensurations sont : les 2002 cas de féminicides déclarés en neuf ans dans mon pays ». Ces déclarations n’ont pas été faites lors d’une conférence sur les droits de la femme, mais lors de l’élection Miss Pérou 2018, le dimanche 29 octobre 2017, d’après The Guardian. Le Huffington Post rapporte qu’au lieu de dévoiler leurs mensurations, les participantes ont préféré communiquer les statistiques des violences domestiques faites aux femmes de leur pays. Le même quotidien explique que ces dénonciations sont une réponse aux chiffres publiés par le gouvernement, qui enregistrait  96 décès suite à des violences conjugales en 2017, nouveau record pour le pays. En effet, El País indique que 148 assassinats et 258 tentatives d’assassinat à l’encontre des femmes ont été enregistrés par les autorités péruviennes en 2016. Comme expliqué par El Universo, ces chiffres placent donc le Pérou en deuxième position des pays d’Amérique latine enregistrant le plus de violences faites aux femmes. L’exposition médiatique de ces abus s’inscrit dans un contexte de déliement de la parole des femmes depuis l’affaire Harvey Weinstein qui ébranle le monde depuis le début du mois d’octobre. 

Par Line Barabant - Assistante de recherche au CIPADH