L’actualité dans tous ses états – 20 juillet 2017

La Revue de Presse du CIPADH présente les points forts de l'actualité des droits humains et du maintien de la paix. Cette semaine, focus sur la répression des défenseurs des droits de l’Homme en Turquie, des cas de torture dans des camps de réfugiés au Liban et retour sur la mort du Prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo.

 

 

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Une minijupe cause la tourmente en Arabie Saoudite

Une simple vidéo d’une jeune femme sur Snapchat s’est transformée en véritable sujet de controverse en Arabie saoudite et a suscité le soutien des défenseurs des droits humains et de la femme. En effet, comme l’explique Human Rights Watch la video montre une femme en minijupe se baladant seule dans la rue à Riyad. Ceci entrave deux principes légaux en Arabie saoudite: le code vestimentaire qui oblige les femmes à être voilées avec un abaya et le fait qu’une femme doit toujours être accompagnée d’un homme en public. La jeune femme a été arrêtée par les autorités mais a été libérée “et aucune charge n’a été retenue contre elle” precise Huffpost Maghreb bien que la jeune femme ait “reconnu les faits mais a affirmé que les vidéos avaient été postées à son insu ».

 

Turquie, une répression des défenseurs des droits humains

Dix activistes ont été arrêtes le 5 juillet 2017 « alors qu’ils participaient à un atelier sur la protection du travail des défenseurs des droits humains » en Turquie.  Ils sont désormais  « sous le coup d’une enquête pour « appartenance à une organisation terroriste armée » explique Human Rights Watch.  Les dirigeants de cinq organisations internationales comme Amnesty International ou Avaaz se sont addressés dans une lettre ouverte au gouvernement de ce pays pour demander leur liberation.Cette répression grandissante s’inscrit dans le contexte de la tentative du coup d’état en juillet dernier. En effet, comme le souligne The Guardian , Erdogan a mis en place un contrôle autoritaire de la société civile qui ne cesse de durcir.

 

Cas de torture sur des Syriens au Liban 

De nombreux organisations pour les droits de l’homme s’insurgent devant les actes de torture commis par l’armée libanaise dans des camps de réfugiés syriens. Lors de la vague d’arrestation de Arsal (camp de réfugiés près de la frontière avec la Syrie), des actes de torture ont commis au moins 4 morts selon le Centre libanais des Droits Humains . Middle East Eye a publié des photos des blessures sur les hommes morts ainsi que sur les détenus, clichés choquants qui servent comme preuves de la violence des actes commis sur les détenus.  « Des défenseurs des droits de l’homme ont envoyé des photos des corps à l’étranger pour un examen indépendant, craignant que les résultats de l’enquête de l’armée ne soient pas rendus publics » explique Middle East Eye. L’armée libanaise réfute les preuves avancées par Human Rights Watch et nie les abus qui ont eu lieu. Comme le souligne Le Monde, l’armée justifie ses actes par le fait que «Des combattants (djihadistes) s'abritent parmi les civils dans les camps" et menace donc ces derniers. Le Liban compte environ un million de réfugiés syriens et, comme le rappelle Le Point  y a quelques mois, M. Hariri, le Premier Ministre libanais avait« prévenu que le dossier des réfugiés au Liban avait atteint un "point de rupture". ».

 

Liu Xiaobo, Prix Nobel de la paix s’est éteint

Le 13 juillet, le dissident chinois qui a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2010 est mort d’un cancer. Maintenu en détention depuis 2009 pour après avoir co-rédigé un texte prônant la démocratie en Chine, La Croix souligne que son prix avait été considéré comme un « blasphème » par les autorités du Parti Communiste Chinois. En effet, Le Temps rappelle que Liu Xiaobo a dédié sa vie à dénoncer le PPC et promouvoir la démocratisation de la Chine. Une grande question perdure après sa mort : le PCC va-t-il rendre la liberté à son épouse, toujours en résidence surveillée à l’isolement depuis sa condamnation en 2009 ? Le décès de Liu Xiabo a eu lieu « dans l’indifférence générale » alors que sa disparition « devrait pourtant inciter les Occidentaux
à réagir contre la répression menée par le régime de Pékin. » estime Courrier International.

 

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