L’actualité dans tous ses états – 5 septembre 2017

ACTUALITÉ – La Revue de Presse du CIPADH présente les points forts de l'actualité des droits humains et du maintien de la paix. Cette semaine, nous nous penchons sur les crimes contre l’humanité au Burundi, l’inquiétude montante autour des essais nucléaires nord-coréens  et les relations diplomatiques tendues entre le Venezuela et l’Europe. Bonne lecture !

 

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  • Crimes contre l’humanité au Burundi

Ce lundi 4 septembre, Jeune Afrique informait et partageait le rapport d’enquête rendu public par la Commission d’enquête sur le Burundi concernant des crimes contre l’humanité. En effet, cette commission a été établie par la résolution 33/24 en octobre 2016 dans le but d’enquêter sur les violations des droits humains rapportées par des ONGs et des témoins. Un an plus tard, les premières conclusions sont tirées : « La commission d'enquête de l'ONU sur le Burundi a des motifs raisonnables de croire que des crimes contre l’humanité ont été commis, depuis avril 2015, et continuent à être commis dans le pays ». Ce rapport doit être présenté devant le Conseil de sécurité afin d’envisager la saisine de la Cour pénale internationale (CPI). L’hebdomadaire panafricain énonce néanmoins un problème : le pays a annoncé son retrait de la CPI un an auparavant ce qui, selon le Statut de Rome (2002), rendra la cour inepte à statuer sur ces crimes. Le Monde rapporte qu’un examen préliminaire a déjà été ouvert en avril 2016 par le procureur de la CPI. Le journal français met également en avant que le gouvernement burundais estime que cette commission et la saisine de la CPI sont des moyens trouvés par les « pays Occidentaux pour asservir les Etats africains ». La présentation officielle du rapport au Conseil de sécurité de l’ONU est programmée aux 18 et 19 septembre.

 

  • Les essais nucléaires nord-coréens

Le Conseil de sécurité s’est réuni ce lundi 4 septembre pour traiter du dernier essai nucléaire de la Corée du Nord. Le quotidien espagnol El País a principalement relayé les propos des Etats-Unis à travers son ambassadrice, Nikki Haley : elle a en effet soutenu que le pays n’a cessé de proférer des menaces depuis 24 ans et qu’il est arrivé à un stade où il est plus puissant et grand que jamais. Haley demande désormais à ce que des sanctions plus importantes soient investies à l’encontre de la Corée du Nord. L’article rappelle également que les Etats-Unis attendent des actions de la part de la Chine et de la Corée du Sud, sans quoi, les Etats-Unis promettent qu’il y aura « plus à perdre qu’à gagner ». Le Temps rapporte les propos plus modérés du Président russe Vladimir Poutine. En effet, tout en condamnant la situation,  il craint pour sa part de voir évoluer ce conflit vers une « hystérie militaire » qui aboutirait à « une catastrophe planétaire ». Ces propos apocalyptiques ont été accompagnés du message qu’il ne faut pas envisager « le recours à n'importe quelles sanctions ». Le quotidien suisse explique que le Président russe rejoint « la position défendue par Pékin, qui prône une résolution pacifique de la crise nord-coréenne et la reprise de pourparlers avec le régime de Kim Jong-Un ».

 

  • Les relations diplomatiques tendues entre le Venezuela et l’Europe

La situation au Venezuela a considérablement compliquée les relations diplomatiques du pays avec plusieurs Etats européens. Les opposants au régime de Maduro ont entamé une tournée internationale afin de rencontrer les chefs d’Etat français, espagnol, britannique et allemand, comme l’explique El Estímulo. Si le journal vénézuélien revient principalement sur l’arrestation de l’une des membres, Lilian Tintori, militante des droits humains, il souligne également l’agacement du gouvernement envers les autorités française et espagnole à recevoir des personnalités s’opposant au gouvernement de Maduro. Courrier International a ainsi relayé le tweet du ministre des relations extérieures du Venezuela Jorge Alberto Arreaza Montserrat qui dit : « Nous réfutons la posture du président français Emmanuel Macron qui s’inscrit dans la ligne de l’extrême-droite européenne contre le Venezuela ». Quelques jours plus tôt, Arreaza avait déjà exprimé son agacement quant à cette rencontre et avait déjà menacé les ambassadeurs européens « d’une évaluation des moyens diplomatiques de plus grande et importante magnitude ». Dans ce contexte diplomatique tendu, Maduro a tout juste annoncé qu’il ne serait pas présent à Genève pour la 36ème session des droits de l’homme organisé par l’ONU mais qu’il y enverrait Arreaza, à en croire le Washington Post.

 

Par Sonia Rodríguez – Chargée de projets au CIPADH

 

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