L’actualité dans tous ses états - 12 décembre 2017

 

ACTUALITÉ – La Revue de Presse du Centre International pour la Paix et les Droits de l’Homme (CIPADH) présente les points forts de l'actualité des droits humains. Cette semaine, nous revenons sur trois événements : l’Europe accusée de complicité d’abus envers les réfugiés en Lybie, des femmes contraintes de faire face à plusieurs violations de leurs droits humains par les hôpitaux en Afrique subsaharienne et la situation interne alarmante au Honduras à la suite des élections présidentielles. 

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Simple Globe - source: Wikimedia Commons

Lybie : l’Europe accusée de complicité d’abus envers les réfugiés

Selon Amnesty International, des dizaines de milliers de réfugiés en Lybie sont victimes de violations graves de nombreux droits de l’homme, telles que des détentions arbitraires de plusieurs mois dans des cellules surpeuplées où les conditions sont dites inhumaines et épouvantables, de la torture, du travail forcé et des homicides illégaux. La Tribune de Genève et The Guardian expliquent que depuis les nouvelles mesures mises en place par l’Union Européenne en 2016 afin de réduire l’arrivée illégale en Europe de réfugiés passants par la mer méditerranée, ceux-ci se retrouvent coincés en Lybie et vivent dans des conditions en dessous du seuil minimum de vitalité. Les gouvernements européens ne sont apparemment pas uniquement au courant de ces abus, mais en sont également complices. Lybia Herald ajoute que le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a fait appel à l’évacuation urgente vers le Niger de plus de 1000 réfugiés en Lybie, afin de commencer à mettre fin à cette situation qui leur est imposée, les rendant extrêmement vulnérables. Parmi ces réfugiés, certains sont des enfants non accompagnés et des personnes affectées par des problèmes médicaux sérieux résultant de leurs mauvaises conditions de vie.

Femmes victimes de nombreuses violations en Afrique subsaharienne

Selon The Guardian, plusieurs centaines de milliers de personnes (majoritairement des femmes) en Afrique et en Asie sont détenues dans les hôpitaux qui les traitaient, pour faute de moyens financiers suffisants afin de payer leurs factures. Ces personnes sont victimes de nombreuses violations graves de droits de l’homme, telles que la détention arbitraire, les abus sexuels, la torture et la privation de nourriture. Ces violations émanent des mêmes employés hospitaliers envers lesquels ces individus s’étaient dirigés afin de se faire soigner. Africa Times explique en outre que les femmes sont majoritairement touchées par ces violations, appliquées sous forme d’actes sexuels coercitifs par le personnel, afin de « rembourser » les frais. Un rapport détaillé a été publié il y a quelques jours à ce sujet, mais il semblerait que cette situation perdure depuis plusieurs années. En effet, Human Rights Watch avait également rédigé un compte rendu inquiétant sur la question en 2006. Au fait que l’affaire s’éternise s’ajoute le peu d’attention médiatique qu’elle reçoit, laissant la communauté internationale mal informée et dans l’incapacité de prendre position.

Aggravation des tensions internes au Honduras

Une élection présidentielle a eu lieu au Honduras fin novembre 2017. Il s’en est suivie des  tensions nationales, notamment dues au fait que le président actuel, Juan Orlando Hernandez, estimait avoir le droit de prétendre à une réélection, alors que la constitution nationale l’en interdit formellement, explique Le Monde. The Guardian ajoute que le président est accusé d’avoir illégalement modifié les résultats du scrutin en sa faveur, engendrant de nombreuses manifestations violentes au cœur de Tegucigalpa, capitale du pays membre du « triangle de la mort » et qui a un des plus haut taux d’homicide au monde. Selon La Prensa, journal local couvrant toutes les nouvelles relatives aux élections, ces violences persistent et la population, fatiguée d’être dirigée par un chef d’état corrompu, est responsable de différents actes de vandalisme empêchant le pays de fonctionner normalement. Le gouvernement du Honduras ainsi que la communauté internationale s’inquiètent du fait que cette situation risque de ré-ouvrir les blessures du coup d’état de 2009 et de ce fait s’aggraver.

Par Taline Bodart

 

 

 

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