L’actualité dans tous ses états spécial « Attaque chimique en Syrie » - 6 avril 2017

Cette semaine, le CIPADH présente une revue de presse spéciale et s’intéresse à l’attaque chimique qui a eu lieu en Syrie, provoquant ainsi la mort de plusieurs dizaines de personnes. En provenance de France, d’Espagne ou encore du Liban, la presse internationale a été scrutée afin d’apporter un éclaircissement sur un acte formellement interdit depuis la première guerre mondiale. Bonne lecture !

 

Français

Que s’est-il passé ?

Le quotidien libanais L’Orient le jour revient sur le raid aérien du mardi 4 avril qui a visé la ville de Khan Cheikhoun, contrôlée par des rebelles et des djihadistes. Le bilan est actuellement de 87 morts, comme le dévoile un article de Monde daté de ce matin.

Le journal libanais revient également sur les deux théories qui se dégagent : certains dirigeants affirment que la responsabilité est celle du Président Bachar al-Assad alors que ses alliés [dans la guerre qui l’oppose aux rebelles et aux djihadistes] expliquent que le Président actuel n’utiliserait jamais des armes contre des civils mais qu’il a bombardé un « entrepôt » des rebelles où étaient entreposés des « substances toxiques » le soir avant.

Malgré cette défense, les journaux et dirigeants semblent sceptiques, à l’instar du quotidien italien La Repubblica qui reprend les propos du Président turque Erdogan, qualifiant ce raid d'« inhumain (…) et risqué pour les négociations ». De plus, El Pais explique que les symptômes de suffocation et d’étouffement sont selon l’OMS une conséquence des attaques chimique. C’est enfin la Turquie qui apporte les premières preuves d’une attaque chimique en Syrie en révélant les résultats d’autopsie pratiqués sur trois victimes, fait rapporté par Al Jazeera .

 

Une condamnation internationale

Cette attaque a été massivement critiquée par la communauté internationale, bien que les auteurs présumés n’aient pas reconnus leur responsabilité. Les Nations unies ont fortement désapprouvés l’utilisation d’armes chimiques, comme l’a expliqué le journal La Repubblica. Les dirigeants français et britanniques ont également eu des propos forts, parlant même de la nécessité de traduire les responsables en justice. Le Correio da Manhã, un journal portugais, a repris le discours du Pape François, déjà connu pour ses prises de position engagée, qui a fait un appel général pour que tous les dirigeants s’unissent pour condamner cet acte et apporter l’aide nécessaires aux civils.

La réaction du Président Trump était à la fois inattendue et surprenante. En plus d’avoir estimé cet comme « odieux », le gouvernement s’est positionné contre la Russie, à qui ils reprochent de « couvrir Bachar Al-Assad », selon Le Monde. La Vanguardia, journal espagnol, s’inquiète de cet affrontement mais explique également que les ripostes diplomatiques attendront la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU où les oppositions se cristalliseront autour d’un projet de résolution condamnant les attaques au gaz chimique perpétré en Syrie.

 

Quelles perspectives ?

Des journaux se sont également interrogés sur l’avenir et les conséquences de l’utilisation des armes chimiques dans une guerre. Si Le Monde est revenu sur des attaques similaires perpétrées par le régime syrien en 2013, il a également supposé que les forces rebelles n’ont certainement pas les moyens logistiques de fabriquer des armes chimiques. Si l’utilisation de telles armes est interdite depuis des années et représente un crime de guerre, la Cour Pénale Internationale (CPI) ne peut saisir un dossier que sur accord du Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui induit un blocage en raison du droit de véto des cinq permanents (composés notamment de la Russie, allié du Président Al-Assad). L’article explique donc que le risque de cette situation est « celui de l’impunité pour Bachar Al-Assad ». Le Temps partage la vue pessimiste de l’Union européenne qui a déclaré que la reconstruction de la Syrie est actuellement « surréaliste » et qu’elle ne participera à ce projet que « lorsque la perspective d’une transition politique aura été fermement engagée ». À en croire la presse internationale, l'organisation d'un processus de paix semble encore incertain, cette attache chimique sur les civils en est peut-être déjà la preuve. 

 

Par Sonia Rodríguez - Coordinatrice de projets au CIPADH

 

Category: