LA POLITIQUE MIGRATOIRE DE L’UNION EUROPÉENNE ENTRE VERROUILLAGE DES FRONTIÈRES ET CRISE HUMANITAIRE

Etude.- La persistance d’une forte pression migratoire sur les pays membres de l’Union européenne, notamment ceux du bassin méditerranéen, accroît l’urgence d’une réforme de la législation communautaire en matière de traitement de l’immigration non légale. Une nécessité pour permettre à l’Europe de rester fidèle à ses idéaux de respect des droits de la personne humaine plutôt que de continuer à privilégier une approche strictement sécuritaire de la protection de ses frontières.

 

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Frontex est l'agence chargée de la protection des frontières extérieures de l'Union européenne

Le Vieux Continent, aujourd’hui fragilisé par la crise financière, fait plus que jamais face au phénomène de l'immigration massive d'étrangers et de requérants d'asile. De plus, d’innombrables naufrages désastreux ont fait de la Méditerranée le « cimetière » des migrants étrangers, et de l’immigration clandestine une véritable crise humanitaire. Plus soucieuse de contrôler ses frontières et de lutter contre la clandestinité que de déployer son aide humanitaire aux naufragés, l’Union européenne (UE) est divisée par des débats intérieurs concernant la question de l’immigration clandestine et semble à ce jour incapable d’y apporter remède. Issu du latin clandestinus, le terme clandestin évoque ce qui est tenu secret, ce qui agit en cachette [1]. Le chercheur italien Marco Rovelli estime que le clandestin est aujourd’hui un homme invisible ; un homme qui vit dans l’ombre privé de nom, de visage et d’identité ; le précaire absolu de la société contemporaine [2].

A cet égard, l'universitaire britannique Nick Vaughan-Williams évoque l’existence d’un processus d’animalisation et de deshumanisation dont le clandestin fait l’objet en Europe. Animalisés sont en effet les témoignages et les récits de clandestins ayant franchi la frontière de l’UE. Leurs centres de rétention sont décrits comme des « zoos » aux nombreuses « cages » abritant des « bêtes sauvages » [3]. Selon les recherches de bon nombre d’ONG, des milliers de migrants sans papiers se trouvent actuellement dans ces « zoos » de la migration. Certains sont situés en Libye, au Maroc, quand tant d’autres se trouvent au sein de l’UE, notamment en Italie, en Grèce, à Chypre et en Espagne [4].

Le verrouillage des portes de l’UE et l’externalisation de ses frontières

 Plusieurs observateurs ont souligné la « néo-libéralisation » des contrôles aux frontières de l’UE. Un langage managérial de coopération et de partenariat entre l’UE et des Etats tiers visant en définitive la sauvegarde de la maison européenne face à la « menace migratoire » et qui étoffe la lutte des Etats membres contre la migration clandestine.  Les chercheurs Maribel Casas-Cortes, Sebastian Cobarrubias et John Pickles remarquent que la délocalisation des frontières européennes est la pierre angulaire de la politique migratoire de l’UE [5]. En particulier, des accords ont été conclus entre l’UE, ses Etats membres et ses voisins de l’Afrique du nord. En la matière, une tendance à l’externalisation des frontières de l’UE peut être relevée : il s’agit d’un processus d’expansion territoriale et administrative de la politique migratoire d’un pays donné à des Etats tiers [6].

Certes, les pratiques d’externalisation appartiennent au contexte de la géopolitique de la mobilité.  Si, à l’origine, la politique migratoire européenne se focalisait sur l’Europe de l’Est, notamment suite à l’élargissement de l’UE en 2004, l’attention s’est aujourd’hui déplacée sur la Méditerranée en raison des changements politiques survenus dans cette région. C’est d’ailleurs ce que mentionne la Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions de 2011 : « La question des migrations figure désormais résolument parmi les priorités politiques de l'Union européenne. Le printemps arabe et les événements qui se sont déroulés en 2011 dans le sud de la Méditerranée ont confirmé la nécessité pour l'Union européenne de se doter d'une politique cohérente et globale en matière de migrations » [7].

La politique migratoire de l’UE, conjuguée à ses processus d’externalisation, comprend des opérations militaires en mer menées par Frontex, des projets politiques à l’instar de la Politique européenne de voisinage (PEV), qui intègre la question de la mobilité,  et des partenariats entre les membres de l’UE et des Etats tiers. Tel est par exemple le cas des accords bilatéraux souscrits entre l’Italie et la Libye [8], l’Espagne et le Maroc [9], le Sénégal et la Mauritanie [10]. D’autre part, l’UE a conclu des « accords techniques » avec l’Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, l’Albanie, la Turquie, la Libye et la Mauritanie afin de mettre sur pied une gestion commune des flux migratoires [11]. Accompagnés de financements et de l’attribution de visas, les accords proposés par l’UE sont difficiles à refuser [12]. Ainsi, de nombreux Etats tiers entreprennent des opérations conjointes avec Frontex qui, du coup, exerce ses activités hors des frontières de l’UE.

Opérationnelle à partir du 3 octobre 2005, Frontex est une agence de l’Union européenne créée par le règlement (CE) 2007/2004 du Conseil européen [13]. Sur le site officiel de l’agence, son but est précisé est le suivant : promouvoir, coordonner et développer la gestion des frontières de l’UE et ce, en accord avec la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et le concept de la gestion intégrée des frontières [14]. Mais dans les faits, Frontex est devenue le symbole d’une politique de verrouillage des frontières de l’UE se livrant, comme le souligne la juriste française Claire Rodier, à l’expulsion des indésirables en « vols groupés » [15]. Par ailleurs, Frontex a été à même de « créer un corps d’officiers de liaison » hors des frontières de l’UE. Forte d’une collaboration avec les pays tiers, elle a rendu ainsi tangible le repoussement des frontières de l’UE dans sa lutte contre l’immigration clandestine [16].  

Le gendarme de l’Europe et le droit international

En matière de lutte contre l’immigration, des financements ont tout d’abord été débloqués en faveur de l’Espagne afin qu’elle pose des verrous au passage de migrants clandestins, notamment africains, à travers le détroit de Gibraltar.  Une conséquence de cette disposition a été le déplacement des routes migratoires vers le sud. En 2006, la traversée vers les Canaries est largement exploitée avant la mise au point de l’opération Hera : une flotte fournie par l’Italie, l’Espagne et la France patrouille le long des côtes de la Mauritanie, du Cap-Vert et du Sénégal afin d’intercepter les embarcations en direction vers l’Europe [17]. Hera est la première opération de verrouillage des frontières maritimes de l’UE et sera suivie par plusieurs autres qui, tout comme Hera, constitueront des barrières donnant lieu à ce que Claire Rodier définit « l’effet ping-pong » de Frontex. Plus précisément : « Frontex croise et complexifie les routes migratoires, allonge la durée des voyages, en augmente le coût et les périls » [18]. Entre autres, l’agence européenne, qui semble avoir déclaré une « guerre aux migrants », ne se contente pas de sa fonction militaire. Elle mène également une mission d’analyse des risques, basée sur une activité de renseignement sophistiquée afin d’éviter préventivement le départ des migrants [19]. Claire Rodier constate que cette pratique constitue une entrave au droit garanti par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui prévoit que « toute personne est libre de quitter n’importe quel pays, y compris le sien » [20]. Cela n’empêche que Frontex, agissant en qualité de « gendarme de l’Europe », intercepte et rapatrie des milliers de migrants cherchant à atteindre les rives de l’Italie, de Malte, de la Grèce et de l’Espagne [21].

A ce propos, la Professeure Lori A. Nessel rappelle que les Etats souverains ont le droit d’effectuer des contrôles à leurs frontières, mais que ce droit n’est pas absolu. De fait, force est de souligner que le droit aux contrôles frontaliers de l’Etat ne devrait pas entrer en contradiction avec les normes du droit international concernant le droit des migrants d’être respectés dans leur dignité ; la liberté de quitter leur pays, de chercher protection, de ne pas subir des actes de torture ou des traitements inhumains [22]. Cependant, toujours selon Lori A. Nessel, de nos jours l’attention du monde se dirige avant tout sur des questions de sécurité en rendant lettre morte les obligations découlant de la Convention de 1951 des Nations Unies relative au statut des réfugiés. En effet, les migrants sont dépeints comme des menaces à la sécurité et à la souveraineté de l’Etat. De plus, Lori A. Nessel observe que la détresse des migrants est souvent associée à un cas de crise humanitaire et non à une situation entraînant des obligations en vertu du droit international.

Les failles de la politique migratoire extérieure de l’Union européenne

Mais que prévoit exactement la législation européenne concernant les migrants ? De fait, la responsabilité de l’examen d’une demande d’asile incombe à un seul Etat membre de l’UE et cela en accord avec le règlement de Dublin II (CE) no 343/2003 du Conseil du 18 février 2003 (texte qui établit les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des États membres par un ressortissant d'un pays tiers) [23]. Le Conseil a posé ce principe afin « d’éviter que les demandeurs d’asile soient renvoyés d’un pays à l’autre mais également d’éviter l’abus du système par la présentation de plusieurs demandes d’asile par une seule personne » [24]. En outre, le règlement de Dublin II dispose que dans le cas où  « le demandeur d'asile a franchi irrégulièrement, par voie terrestre, maritime ou aérienne, la frontière d'un État membre dans lequel il est entré en venant d'un État tiers, cet État membre est responsable de l'examen de la demande d'asile » [25].

Dans la pratique, le système de Dublin exacerbe la pression migratoire sur les Etats membres riverains de l’UE qui sont les plus assujettis à l’immigration clandestine de par leur position géographique. De plus, le règlement de Dublin II engendre indirectement la mise en place de politiques officieuses pour contrer le phénomène de l’immigration clandestine au sein des Etats riverains de l’UE. Par exemple, selon Human Rights Watch, l’Italie et la Grèce pratiquent le refoulement des clandestins et mènent des examens sommaires de leur situation afin de contourner l’obligation d’examiner leurs demandes d’asile [26]. Or cette réaction inadéquate de l’Italie et de la Grèce n’est que le reflet de l’inefficacité du système de Dublin, à savoir du manque de rééquilibre des charges migratoires entre les Etats membres de l’UE [27].

Le règlement de Dublin II fait partie intégrante de la politique migratoire européenne, définie par l’Approche globale de la question des migrations et de la mobilité (AGMM).  Conçue par l’Union européenne en 2005, l’AGMM est surtout liée à des questions d’ordre économique et sécuritaire. L’AGMM est considérée comme le « cadre général de la politique migratoire extérieure de l'UE », se fonde sur plusieurs partenariats noués avec les pays tiers et englobe toutes les questions ayant trait aux migrations et à la mobilité [28]. Quatre piliers d’importance égale régissent l’AGMM : « l'organisation et la facilitation de l'immigration légale et de la mobilité ; la prévention et la réduction de l'immigration clandestine et de la traite des êtres humains ; la promotion de la protection internationale et le renforcement de la dimension extérieure de la politique d'asile ; la maximisation de l'impact des migrations et de la mobilité sur le développement » [29]. Les instruments politiques garantissant la mise en œuvre de l’AGMM sont des accords bilatéraux conclus avec des pays tiers et visant la lutte contre les migrants clandestins [30]. Combattre l’immigration clandestine est également un défi relevé par les Etats membres de l’UE qui politisent fortement, selon l'expert en relations internationales Paul James Cardwell, ce sujet épineux afin de justifier les mécanismes de contrôle aux frontières de l’UE [31].

La pression migratoire subie par les Etats riverains de l’UE, le cas de l’Italie

Au sein de l’Union européenne, la distribution des flux migratoires est inégale. Il est en effet bien connu que les vagues migratoires se rabattent principalement sur les pays riverains de la Méditerranée : la Grèce, l’Italie, l’Espagne et Chypre [32]. Tout particulièrement, le canal de Sicile est devenu la porte d’entrée des migrants irréguliers africains vers l’Europe. Pour l’Italie, la petite ile de Lampedusa s’est ainsi transformée en symbole de l’immigration clandestine des années 2000 [33]. Un « casse-tête sans remède » est l’expression que choisit l'universitaire Jean-Baptiste Sourou pour qualifier le dilemme de l’Italie en tant que terre d’immigration. Le pic historique de l’immigration clandestine vers ce pays est atteint au cours du premier semestre de 2014 : 61 500 migrants rejoignent les côtes italiennes contre 7 900 pour la même période en 2013. Par ailleurs, 3 419 migrants ont perdu la vie lors de la traversée périlleuse de la Méditerranée vers l’Italie, en faisant de 2014 l’année noire pour l’immigration clandestine [34]. Depuis 2007, l’Italie a ainsi accueilli 231 314 migrants, pour la plupart arrivés en Sicile après avoir traversé la Méditerranée [35].

Assez étonnamment, la crise financière de 2008 combinée à la détérioration des conditions de travail en Europe n’a pas mené au déclin des flux migratoires vers l’Italie lesquels sont demeurés relativement stables [36]. De plus, l’irruption des révoltes arabes en 2011 a amplifié la pression migratoire africaine, notamment tunisienne et libyenne, en provenance du Sud de la Méditerranée vers la Sicile et la Sardaigne [37]. La rive sud de la Méditerranée, qui est une des régions les plus instables au monde du point de vue politique, se trouve géographiquement proche de l’Italie. Pour cela, l’immigration clandestine africaine en Italie, provoquée notamment par la rupture des équilibres politiques en Tunisie, Libye et Egypte [38], est une sorte d’ « accident cartographique » selon Massimo Nicolazzi [39].

De fait, ce qui rend l’Italie une destination privilégiée de l’immigration clandestine est sa position géographique à l’instar de la Grèce et cela contrairement à l’Espagne, ancienne puissance coloniale, qui attire les migrants de ses ex-colonies. La récente crise syrienne a constitué un catalyseur supplémentaire à l’immigration clandestine, cette fois celle de ressortissants syriens, vers l’Italie. En 2014, 40 000 d’entre eux sont ainsi arrivés en Italie [40]. Autre détail à relever, en Italie la migration économique a cédé le pas à la migration contrainte, liée aux crises humanitaires comme dans le cas de la Syrie. Quant au marché du travail, les migrants sont devenus une composante structurelle de la main-d’œuvre italienne selon un rapport de l’OSCE. Leur taux de chômage est plus bas que celui des Italiens, mais leurs conditions de travail sont précaires ; ils sont sous-payés et  discriminés [41].

Après le drame du naufrage du 3 octobre 2013 au large de l’île de Lampedusa, qui a fait plus de 366 morts, l’Italie a entériné le 18 octobre 2013 l’opération humanitaire Mare Nostrum visant à secourir les migrants en mer [42]. Mare Nostrum a été vivement critiquée notamment par le parti italien régionaliste d’extrême droite, la Ligue du Nord, pour le fait de « laisser la porte grand ouverte à l’invasion » des clandestins en Italie [43]. Le 31 octobre 2014, le ministre de l’intérieur italien, Angelino Afgano, a annoncé la clôture de l’opération Mare Nostrum qui a coûté 114 millions d'euros au gouvernent de Rome. A partir du premier novembre 2014, Mare Nostrum a été remplacée par l’opération navale de l’UE, baptisée Triton,  à laquelle participent 21 Etats membres [44]. Sa mission est double : assurer un contrôle efficace des frontières de l’UE et mener des opérations de sauvetage en mer [45].

Cependant, Amnesty International souligne que l’opération Triton est radicalement différente par rapport à Mare Nostrum : « Fini la priorité donnée au sauvetage des vies en mer, revoilà le contrôle et la lutte contre l’immigration irrégulière ». De fait, selon Amnesty international « Triton n'est pas une opération de recherche et de sauvetage » et viserait plutôt le verrouillage ainsi que la militarisation des frontières extérieures de la « Forteresse Europe » [46]. Entre temps, les naufrages en mer se multiplient, l’immigration clandestine en Italie suit un rythme soutenu et les patrouilles aux portes de l’Europe se renforcent. Complétement dépassé, l’Etat italien peine à trouver une solution au phénomène de l’immigration clandestine sur son territoire tandis que Bruxelles, qui n’a toujours pas réformé le système de Dublin, semble réticente à redistribuer la pression migratoire entre les Etats membres de l’UE.

Une crise migratoire et européenne

Le phénomène de l’immigration clandestine en Europe et la tragédie humaine qu’elle comporte sont à restituer au contexte élargi de ce que le géostratège Dario Citati définit « une crise à la fois économique, identitaire et démographique » : le chômage, la précarité, la perte de certains repères culturels et la baisse du taux de naissance sont en la matière des facteurs qui rendent difficiles la gestion de l’immigration clandestine en Europe [47] et l’intégration des migrants étrangers dans la société européenne. En outre, le manque de consensus entre les Etats membres pour ce qui est de la politique migratoire extérieure de l’Union européenne ainsi que l’échec européen à contribuer à la stabilité interne en Afrique du Nord et au Proche-Orient ne font que compliquer le dilemme de l’immigration clandestine en Europe. En reprenant le cas de l’Italie, la péninsule n’a été exposée au phénomène de l’immigration que récemment d’où l’insuffisance et l’inefficacité de ses infrastructures pour promouvoir l’intégration des migrants et la faiblesse de sa politique anti-discrimination [48]. Luttant encore pour sortir du marasme économique, l’Italie est du surcroît un petit Etat. Comme le précise Dario Citati : « l’homme le plus généreux au monde ne saurait jamais héberger vingt personnes s’il ne possède qu’un logement  de 50 mètres carrés » [49]. Une observation qui relève du bon sens. D’autre part, le marché du travail en Italie n’attire pas les migrants qui, pour la plupart, rêvent de l’Allemagne et de la Suède ; un constat qui démontre encore une fois les failles du règlement de Dublin II. Or pendant que Frontex militarise les frontières de l’UE, les migrants, survivant à ce que Massimo Nicolazzi définit « la sélection naturelle par la noyade », préfèrent le risque de la prison en Italie à la certitude de la faim et des bombes en Syrie [50].

Mettre fin à la tragédie humanitaire de l’immigration clandestine en Europe n’est pas envisageable sans qu’une politique migratoire européenne plus décisive et solidaire soit mise en place, à savoir sans réformer le système de Dublin. Le premier préalable à une solidarité renouvelée au sein de l’UE en la matière serait la répartition équilibrée de la pression migratoire entre les Etats membres, le renversement du phénomène de la militarisation des frontières de l’UE et le renforcement des opérations de sauvetage en mer. Promouvoir la stabilité et le développement économique dans les pays d’émigration devrait en outre s’inscrire dans un projet global. Cela permettrait au monde actuel de s’attaquer à la racine de la crise migratoire et européenne contemporaine [51]. Cependant, la menace du terrorisme et notamment le récent attentat contre l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, perpétré le 7 janvier 2015 à Paris, risque de renforcer la ligne sécuritaire de la politique migratoire européenne. Cela ne pourra se faire qu’en profonde contradiction avec la Convention de 1951 des Nations Unies relative au statut des réfugiés.

 

Annick Valleau

 

Références

[1]- Centre national de ressources textuelles et lexicales, Clandestin,http://www.cnrtl.fr/etymologie/clandestin (consulté en ligne le 18/12/2014). 

[2]- Marco Rovelli, Immigrati clandestini, i precari assoluti della società, IlFattoQuotidiano.it, 2013, http://www.ilfattoquotidiano.it/2013/05/31/immigrati-clandestini-i-precari-assoluti-della-societa/611907/ (consulté en ligne le 18/12/2014).

[3]- Nick Vaughan-Williams, “We are not animals!” Humanitarian border security and zoopolitical spaces in Europe, Political Geography, Elsevier Ltd, 2014.

[4]- Ibid.

[5]- Maribel Casas-Cortes, Sebastian Cobarrubias and John Pickles, ‘Good neighbours make good fences’: Seahorse operations, border externalization and extra-territoriality, European Urban and Regional Studies 1-21, 2014

[6]- Ibid.

[7]- Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions, Approche globale de la question des migrations et de la mobilité, Bruxelles, COM(2011) 743 final, 18.11.2011, http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2011:0743:FIN:FR:PDF (consulté en ligne le 18/12/2014).

[8]- Gabriele Iacovino, I Rapporti Bilaterali tra Italia e Libia alla Luce del Trattato di Amicizia, Osservatorio di Politica Internazionale, n° 8, Roma, Maggio 2010, http://www.parlamento.it/application/xmanager/projects/parlamento/file/repository/affariinternazionali/osservatorio/note/Nota8CeSIRapporti%20Italia%20Libia.pdf (consulté en ligne le 05/01/2015)

[9]- Maribel Casas-Cortes, Sebastian Cobarrubias and John Pickles, ‘Good neighbours make good fences’: Seahorse operations, border externalization and extra-territoriality, European Urban and Regional Studies 1-21, 2014.

[10]- Daniel Wunderlich, Towards Coherence of EU External Migration Policy? Implementing a Complex Policy, International Migration, Vol. 51 (6), 2013.

[11]- Rodier Claire, ‘Frontex, l'agence tout risque’, Plein droit, n° 87, Paris, 2010/4

[12]- Lori A. Nessel, Externalized Borders and the Invisible Refugee, Columbia Human Rights Law Review, 40:625, 2009, http://www3.law.columbia.edu/hrlr/hrlr_journal/40.3/Nessel.pdf (consulté en ligne le 22/12/2014).

[13]- FRONTEX, Origin, http://frontex.europa.eu/about-frontex/origin (consulté en ligne le 18/12/2014).

[14]- FRONTEX, Mission and Tasks, http://frontex.europa.eu/about-frontex/mission-and-tasks (consulté en ligne le 18/12/2014).

[15]- Rodier Claire, ‘Frontex, l'agence tout risque’, Plein droit, n° 87, Paris, 2010/4.

[16]- Ibid.

[17]- Ibid.

[18]- Ibid.

[19]- Ibid.

[20]- Ibid.

[21]- Lori A. Nessel, Externalized Borders and the Invisible Refugee, Columbia Human Rights Law Review, 40:625, 2009, http://www3.law.columbia.edu/hrlr/hrlr_journal/40.3/Nessel.pdf (consulté en ligne le 22/12/2014).

[22]- Ibid.

[23]- Europa.eu, Règlement Dublin II, http://europa.eu/legislation_summaries/justice_freedom_security/free_movement_of_persons_asylum_immigration/l33153_fr.htm (consulté en ligne le 07/01/2015).

[24]- Ibid.

[25]- Règlement (ce) no 343/2003 du Conseil du 18 février 2003 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des États membres par un ressortissant d'un pays tiers, article 10, Journal officiel de l'Union européenne, 2003, http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32003R0343&from=FR (consulté en ligne le 07/01/2015).

[26]- Human Rights Watch, Restituiti al mittente  Migranti e richiedenti asilo in Grecia e in Italia, 2013,  http://www.hrw.org/fr/node/112512/section/6 (consulté en ligne le 07/01/2015).

[27]- Restituiti al mittente, Raccomandazioni all’Unione Europea, 2013, http://www.hrw.org/fr/node/112512/section/4 (consulté en ligne le 07/01/2015).

[28]- Commission européenne, Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions, Approche globale de la question des migrations et de la mobilité, Bruxelles, le 18.11.2011, COM(2011) 743 final, http://ec.europa.eu/home-affairs/news/intro/docs/1_FR_ACT_part1_v2.pdf (consulté en ligne le 07/01/2015).

[29]- Ibid.

[30]- European Commission, Migration and Home Affairs, Global Approach to Migration and Mobility, http://ec.europa.eu/dgs/home-affairs/what-we-do/policies/international-affairs/global-approach-to-migration/index_en.htm (consulté en ligne le 07/01/2015).

[31]- Paul James Cardwell, New Modes of Governance in the External Dimension of EU Migration Policy, International Migration, Vol. 51 (6), 2013.

[32]- АлександерКириленко, КакимипутяминелегалыпопадаютвЕС, Геополитика.ru, 21 Декабря 2013, http://www.geopolitics.ru/2013/12/kakimi-putyami-nelegaly-popadayut-v-es/ (consulté en ligne le 05/01/2015).

[33]- Jean-Baptiste Sourou, Immigration clandestine : un casse-tête sans fin en Italie, 2014, http://www.rfi.fr/mfi/20140718-italie-libye-egypte-immigration-clandestine-lampedusa-mediterranee/

[34]- Bianca Conte, Immigrazione, i 3419 morti confermano il fallimento di Mare Nostrum, Secolo d’Italia, 2014, http://www.secoloditalia.it/2014/12/immigrazione-i-3419-morti-confermano-fallimento-mare-nostrum/ (consulté en ligne le 08/01/2015).

[35]- Jean-Baptiste Sourou, Immigration clandestine : un casse-tête sans fin en Italie, op. cit.

[36]- Alexandra Tragaki, Antonios Rovolis, Immigrant population in Italy during the first decade of the 21st century: changing demographics and modified settlement patterns, European Urban and Regional Studies, Vol. 21(3), 2014.

[37]- Ibid.

[38]- Marco Zupi, L'impatto delle primavere arabe sui flussi migratori regionali e verso l'Italia, Centro Studi di Politica Internazionale, 2012, http://www.parlamento.it/application/xmanager/projects/parlamento/file/repository/affariinternazionali/osservatorio/approfondimenti/PI0059App.pdf (consulté en ligne le 08/01/2015).

[39]- Massimo Nicolazzi, La falsa coscienza dell'Italia sull'immigrazione e la Bossi-Fini, Limes, Rivista italiana di geopolitica, 2013, http://temi.repubblica.it/limes/la-falsa-coscienza-dellitalia-sullimmigrazione-e-la-bossi-fini/52974?com=52974#scrivicommenti (consulté en ligne le 08/01/2015).

[40]- Repubbblica.it, Migranti, continuano gli arrivi via mare: testimoni raccontano di un naufragio con 47 vittime e per la prima volta arrivano persone da Kobane, 2014,   http://www.repubblica.it/solidarieta/immigrazione/2014/12/12/news/continuano_gli_arrivi_via_mare_testimoni_raccontano_di_un_naufragio_con_47_vittime_arrivano_per_la_prima_volta_in_italia_p-102742974/?ref=search (consulté en ligne le 07/01/2015).

[41]- Repubblica italiana, Consiglio nazionale economia e lavoro, Sintesi per la stampa - Rapporto OCSE: “L’integrazione degli immigrati e dei loro figli in Italia”, 2014, http://www.cnel.it/19?shadow_comunicati_stampa=3228 (consulté en ligne le 08/01/2015).

[42]- Governo italiano, Audizione del vice ministro Sen. Bubbico presso la Commissione migrazione dell’assemblea parlamentare del Consiglio d’Europa, Roma, 2014, http://www1.interno.gov.it/mininterno/export/sites/default/it/assets/files/28_2014/2014_02_05_audizione_bubbicoo_Consiglio_Europa.pdf (consulté en ligne le 07/01/2015).

[43]- Lega Nord, Immigrazione, mozione lega nord: “stop a mare nostrum”. Rondini in aula: “un lusso che non possiamo permetterci”, http://www.leganord.org/index.php/notizie2/12526-immigrazione-mozione-lega-nord-stop-a-mare-nostrum-rondini-in-aula-un-lusso-che-non-possiamo-permetterci (consulté le 07/01/2015).

[44]- Europaforum.lu, L’UE lance l’opération "Triton" en Méditerranée pour renforcer les frontières extérieures et venir en aide à l’Italie pour faire face à l’afflux de migrants sur ses côtes, tandis que Rome annonce la fin de "Mare Nostrum", 2014, http://www.europaforum.public.lu/fr/actualites/2014/10/triton-mare-nostrum-frontex/index.html (consulté en ligne le 07/01/2015).

[45]- European Commission, Frontex Joint Operation 'Triton' – Concerted efforts to manage migration in the Central Mediterranean, 2014, http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-14-566_en.htm (consulté en ligne le 07/01/2015).

[46]- Amnesty International, Sauvetage des migrants en mer: pourquoi l’opération Triton est vouée à l’échec, 2014, http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Refugies-et-migrants/Actualites/Sauvetage-des-migrants-en-mer-pourquoi-operation-Triton-est-vouee-echec-13064 (consulté en ligne le 07/01/2015).

[47]- Dario Citati, Le drame de l’immigration clandestine en France et en Europe, La voix de la Russie, 2014,

http://french.ruvr.ru/2014_07_11/Le-drame-de-l-immigration-clandestine-en-France-et-en-Europe-6845/ (consulté en ligne le 07/01/2015).

[48]- Ibid.

[49]- Dario Citati, Le drame de l’immigration clandestine en France et en Europe, op. cit.

[50]- Massimo Nicolazzi, La falsa coscienza dell'Italia sull'immigrazione e la Bossi-Fini, Limes, Rivista italiana di geopolitica, 2013, http://temi.repubblica.it/limes/la-falsa-coscienza-dellitalia-sullimmigrazione-e-la-bossi-fini/52974?com=52974#scrivicommenti (consulté en ligne le 08/01/2015).

[51]- Анник Валло, Якопо Адда, ‘Миграционная Политика ЕС на Примере Выходцев из Стран Северной Африки', Актуальные Проблемы Правотворчества и Правоприменительной Деятельности в Российской Федерации, Издательство ИГУ, Иркутск, 2014.

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