Le Danemark à l’Avant-Garde européenne des restrictions migratoires ou les prémices de la fin de l’espace Schengen?

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“If you want to look for happiness in Europe, then you have to look outside of Denmark," says DF's Martin Henriksen (photo: Takver)

Résumé de l'étude: En adoptant un durcissement conséquent de sa loi sur les étrangers (politique d’asile) en janvier 2016, le Royaume du Danemark, réputé pour son activisme humanitaire, concrétise un glissement sécuritaire et populiste du pays. Influencé par une rhétorique nationaliste du Parti Populaire Danois, le Dansk Folkeparti, c’est l’ensemble de la classe politique danoise qui admet une vision protectionniste de repli national. Le Danemark incarne une évolution politique semblable à de nombreux membres de l’Union-Européenne (Suède, Allemagne et Autriche en tête), où l’inertie communautaire sur la gestion de la crise des réfugiés pousse aux solutions politiques individualistes restrictives. L’absence de solidarité européenne menace l’existence même de l’espace Schengen et d’une liberté de circulation des personnes, fondatrice de l’intégration continentale. L’Union se dématérialise et préfère externaliser la charge de la gestion de la crise humanitaire à la Grèce et à l’Italie. Les pays du Nord de l’Union, grands receveurs de demandeurs d’asile, préférent une stricte application des Accords de Dublin, plutôt que d’accepter une nécessaire réforme égalisatrice de la politique d’asile commune. Cette analyse veille à souligner les évolutions droitières au Danemark et dans trois autres cas d’étude : la Suède, l’Allemagne et l’Autriche, tout en articulant les lignes de fracture intra-européennes pesant sur la pérennité de l’espace Schengen.

Cette étude fait partie d'un ensemble de recherches menées par des chercheurs du CIPADH et sera bientôt disponible en version imprimée dans une revue intitulée "Les Perspectives du CIPADH."

 

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