Les rencontres du CIPADH : notre expo photo sous l’œil d’André Chavanne

ACTUALITÉ – Mercredi 10 mai, le CIPADH a donné une conférence au Théâtre du Grütli auprès d’une classe de 4ème année du collège André-Chavanne. En lien avec notre exposition photo qui se tient au théâtre jusqu’au 17 mai prochain, les étudiants ont pu découvrir les photos et les commenter avant de rentrer dans le vif du sujet : les enjeux du parcours migratoire des réfugiés en Europe. Retour de conférence. 

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Présentation de l'exposition photo par Sonia RODRÍGUEZ - photo : Gabrielle DOREY

Après le succès de notre vernissage et de notre table ronde qui s’est tenue en marge de notre exposition photo le 27 avril dernier, le CIPADH a eu la joie d’accueillir une classe de géographie en 4ème année du collège André-Chavanne. Dans le cadre d’un cours qui traite des enjeux du parcours migratoire des réfugiés et qui a pour but de rencontrer des spécialistes de la question, le CIPADH a pu expliquer son analyse sur le sujet en partant des clichés accrochés aux murs.

 

  • La découverte d’une exposition dédiée aux migrants

Lorsque les étudiants sont arrivés, la première étape était de les laisser découvrir les photos. En effet, dans un silence presque religieux, les certitudes ont peu à peu laissé place aux interrogations. Les étudiants ont remarqué que les photos ne sont pas celles qu’ils connaissent. Il y a des migrants, des bateaux, la Grèce, mais le résultat est pourtant différent : des enfants rient, des coiffeurs coupent des cheveux, des bébés dorment. Loin de l’urgence retransmise par les médias et les politiques, ces images sont là pour rappeler le quotidien de la vie de ces migrants. La traversée de la Méditerranée et les terres européennes ne représentent pas un but en soi, c’est le début d’un nouveau périple, de nouvelles batailles.

Le CIPADH a alors expliqué l’importance de cette exposition photo et du travail de Gabriel Green. S’éloigner du débat politico-médiatique était un premier objectif, rappeler que ces migrants sont avant tout des êtres humains en était un second. En effet, les débats actuels se basent sur des chiffres, des nombres, des statistiques dans le but de démontrer le danger ou la bienveillance de ces réfugiés. Et si la question était ailleurs ? Et si la question était de savoir comment aider ces personnes, ces êtres humains ?

 

  • Déconstruction des idées, ou l’éveil à de nouveaux questionnements

Ces questionnements ont alors été présentés à ces élèves. La découverte d’un nouvel angle de discussion a d’abord surpris puis séduit, l’émergence de concepts peu traités a attiré leur attention.

Les traumatismes, l’insalubrité des camps gouvernementaux, la résilience : ces thèmes ont été abordés avec l’intention de quitter l’urgence de cette crise et de montrer une autre réalité, tout aussi concrète. La réalité de personnes qui ont cherché à fuir des guerres, des persécutions ou une insécurité latente et qui se retrouvent dans des pays qu’ils ne connaissent pas avec l’intention de continuer à vivre. Le passé est souvent encore présent, l’histoire ne s’efface pas, pourtant, on les voit vivre. Ce constat surprend.

Les anecdotes des participants à la table ronde sont également partagées avec les élèves. Redonner la parole aux migrants : l’histoire de Zhara, une jeune syrienne qui a vu son bébé malade dans un camp gouvernemental parce qu’il avait mangé le poison qui servait a tué les rats avec qui ils vivaient. Cette mère qui a expliqué que malgré cet incident, ce camps est le paradis parce que ce n’est pas le lieu où elle a vu la garderie de son fils détruite par les bombardements ni l’endroit où sa voisine a été déchiquetée par une attaque. C’est la paix.

Mais quelle paix ? S’il est possible de comprendre cette histoire, est-il néanmoins tolérable que l’on reçoive des êtres humains dans ces conditions ? Quel est le rôle des Etats ? La Grèce doit-elle être le seul Etat en charge de l’accueil des migrants ? Comment peut s’organiser la solidarité internationale ? Quel est le rôle de la société civile dans ce constat ? Supplante-t-elle l’Etat ?

Si ces questions semblent basiques elles sont néanmoins vitales. Vitales pour ces migrants qui traversent la Méditerranée. Vitales pour ces sociétés qui ne comprennent pas leur arrivée. Vitales pour une solidarité qui tarde à se construire. Basiquement, vitales !

 

Par Sonia Rodríguez – Chargée de projets au CIPADH