"Passage": Fuir pour sauver sa peau

Le samedi 16 juin 2018, l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) a mis en place différents évènements en Suisse afin de sensibiliser la population civile des droits et des préoccupations des réfugié-e-s. Le CIPADH a assisté à un jeu de simulation sur la migration forcée sur la place de Lausanne dans le canton de Vaud.

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Passage: migration "forcée"- Milinda Wannakula


L’OSAR est une organisation faîtière, politiquement et religieusement neutre, réunissant plusieurs entités pour la défense des réfugiés et des droits de l’homme. Elle s’engage et milite afin que la Confédération helvétique respecte le droit garanti par la Convention de Genève sur les réfugiés de 1951. L’OSAR s’engage juridiquement dans le domaine de l’asile et des réfugiés. Elle offre en effet des consultations et des formations juridiques, informe et sensibilise la population civile au travers de différents évènements relatifs aux droits d’asile.

Cette organisation voit le jour en 1936 sous le nom d’Office central d’aide aux réfugiés. Elle est créée dans le but de soutenir les victimes du troisième Reich. À la fin de la guerre, elle propose des conseils juridiques et participe au rapatriement des personnes déplacées. De plus, l’Office central s’engage pour l’asile permanent de ceux et celles qui ne peuvent plus voyager. Elle a d’ailleurs permis d’accueillir des réfugiés hongrois lors de l’insurrection de Budapest en 1956 et des réfugiés vietnamiens lors de la guerre du Vietnam. En 1991, l’Office central devient l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés et continue sa mission humanitaire jusqu’à nos jours. L’information et la sensibilisation de la société civile sont également au cœur de ses activités. [1]

Dans le cadre de la journée nationale du réfugié, le 12 juin, l’OSAR organise un jeu de simulation, Passage: migration «forcée», afin de sensibiliser la population civile au périple des migrants forcés de quitter leurs pays d’origine pour des raisons de survie. Cette expérience donne un aperçu de la souffrance psychologique et physique ressentie par les migrants durant leur long exil. Une grande partie de la population est, en effet, consciente de la difficulté de partir et de laisser derrière soi tous ses repères, mais très peu d’individus se rendent réellement compte du poids psychologique ce que traversent ces migrants persécutés ou qui subissent la violence de la guerre. Au travers de cette simulation, l’OSAR tente de donner un aperçu de la migration forcée et des risques encourus par ces individus pour un avenir plus sûr pour eux et leurs proches. Les organisateurs reproduisent à la perfection le périple de ces personnes forcées à fuir. Plusieurs aspects de l’exil sont expérimentés, comme la fuite avec des blessés, le passage d’une frontière, l’interaction et les violences psychologiques et physiques infligées par les rebelles/terroristes, la négociation avec des passeurs, ou des membres de la communauté internationale, ainsi qu’une attaque fictive contre un village. Il est néanmoins important de souligner qu’il s’agit d’une expérience adaptée à tous publics. En outre, à tout moment, un joueur peut décider d’arrêter le jeu s’il en ressent le besoin.

Dès le début du jeu, plusieurs familles sont formées en fonction du nombre de participants. Chaque groupe reçoit un profil bien défini de leur famille, avec une représentation de tous les groupes sociaux. Cela démontre bien que n’importe quels individus peuvent être touchés. L’objectif des familles est de quitter le pays en conflit pour trouver refuge dans un État tiers. Une fois les familles formées et l’intrigue posée, les participants entrent immédiatement dans la peau de leur personnage et ressentent également l’angoisse psychologique qu’implique un exil. Au travers de cette simulation, les organisateurs réussissent avec brio à emmener les participants dans le long périple qu’est la migration forcée et en donner un bref aperçu

«L’OSAR organise depuis 1980 la Journée nationale du réfugié qui a vu le jour sous son impulsion. Cet évènement de sensibilisation aux droits et préoccupations des réfugié-e-s a lieu chaque fois le troisième week-end de juin. Il est accompagné d’une campagne qui s’adresse au grand public.» [2]  Le CIPADH recommande cette expérience pour toutes personnes curieuses de connaitre l’éprouvant périple traversé par ces migrants qui fuient la persécution ou la guerre dans l’espérance d’avenir meilleur. Cet évènement s’inscrit dans la semaine de la Journée mondiale des réfugiés (20 juin 2018).

En dehors de la journée nationale du réfugié, l’OSAR organise ce jeu de simulation pour les groupes, les écoles ou les entreprises curieux de vivre l’expérience. Il est possible de les contacter au campagne@osar.ch, ou de trouver de plus amples informations sur leur site internet: https://www.journeesdurefugie.ch/ ou sur le site officiel de l’OSAR (https://www.osar.ch/)

De Milinda Wannakula Aratchilage

 

[1] L’ORGANISATION SUISSE D’AIDE AUX RÉFUGIÉS, « L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés OSAR à 80 ans », L’Organisation Suisse d’aide aux réfugiés, [en ligne], disponible sur https://www.osar.ch/a-notre-sujet/histoire. (visité le 18 juin 2018)

[2] L’ORGANISATION SUISSE D’AIDE AUX RÉFUGIÉS, « Terre en Vue : l’Accueil commence par une main tendue », L’Organisation Suisse d’aide aux réfugiés, [en ligne], disponible sur https://www.journeesdurefugie.ch/ (visité le 18 juin 2018)

 

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