Revue de presse - Situation au Nicaragua et les relations entre les USA et l'Iran

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Nicaragua

Depuis avril 2018, le Nicaragua connait des manifestations pour la démission du président actuel, Daniel Ortega, et pour la mise en place d’élection anticipée. Les protestataires accusent le président d’avoir mis en place son épouse Rosario Murillo au poste de vice-président et de mettre en place une dictature marquée par la corruption et le népotisme. [1] Le président est au pouvoir depuis 2007 et son mandat devrait prendre fin dans trois ans. Selon les activistes des droits de l’Homme, plus de 350 personnes ont été tuées durant les protestations qui ont commencé en avril. Ils auraient été victimes de la violence des forces de sécurité d’Ortega et des groupes paramilitaires liés à l’État. Plusieurs pays d’Amérique latine ont demandé la semaine dernière à la fin immédiate d’acte de violence et d’intimidation et de menace à l’encontre de la société nicaraguayenne par le gouvernement. Dans un récent entretien du président Ortega à la Fox News, il nie toute implication de l’État dans les incidents meurtriers survenus depuis les manifestations d’avril dernier. Il ajoute par ailleurs qu’il est victime d’une conspiration politique pour entacher l’image du Nicaragua sur la scène internationale et affaiblir son gouvernement. En outre, il nie quelconque implication du gouvernement avec les groupes paramilitaires responsable en partie des incidents meurtriers. Il affirme par ailleurs qu’aucune des manifestations pacifiques n’a été attaquée. Il a réaffirmé sa volonté à aller au bout de son mandat. [2] Malgré le discours de président, la presse nicaraguayenne dénonçait une grave crise contre les droits de l’Homme comme le rapporte le Courrier Internationale. De surcroît, le gouvernement Ortega vient d’édicter une loi sur le terrorisme, pour poursuivre les manifestants qui peuvent encourir jusqu’à quinze à vingt ans de prison. [3]

 

Les relations entre les USA et l'Iran

Le tweet posté par le président étasunien Donald Trump n’est pas passé inaperçu. Son message, envoyé dimanche soir, a amené des interrogations sur la stratégie américaine face à l’Iran. Pour comprendre la polémique, il est essentiel de revenir à l’origine de celle-ci. Les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont repris lors de la remise en question par le président actuel des États-Unis de la Joint Comprehensive Plan of Action, plus connue sous le nom de l’accord sur le nucléaire iranien. Il ne s’agit pas d’un traité multilatéral mais d’un accord de bonne foi. Cet accord ne nécessite donc pas d’être ratifié par les États signataires. Aujourd’hui, cet accord est devenu une résolution du Conseil de Sécurité, la résolution 2231. L’objectif principal de ce texte international est d’empêcher l’acquisition de l’arme nucléaire par la République islamique. Elle s’est engagée par ailleurs à réduire le de ses centrifugeuses, à limiter sa production de plutonium, son stock d’uranium enrichi et à accepter le renforcement des inspections internationales. En contrepartie, l’ONU, les États-Unis et l’Europe se sont engagés à lever certaines sanctions économiques liées au nucléaire principalement dans les secteurs de la finance, de l’énergie et du transport. Certaines sanctions ne font pas partie des accords sur le nucléaire iranien comme celles liées au terrorisme et au non-respect des droits de l’homme. Par ailleurs, l’embargo sur les armes est également maintenu.

Ce texte est donc sous la compétence d’une institution internationale. En effet, c’est l’Agence internationale de l’énergie atomique qui a la responsabilité de certifier que le respect de l’accord par l’Iran. Les États ne sont donc pas responsables pour la surveillance de cet accord. Néanmoins, en mai 2015, le président de l’époque adopte une loi US Iran Nuclear Agreement Review Act.

 En mai 2015, le Congrès étasunien adopte une loi qui oblige le président à certifier tous les 90 jours que l’Iran respecte ses engagements et que ses activités ne mettent pas en péril les intérêts vitaux des États-Unis. Si l’accord n’est pas certifié par les États-Unis, ils peuvent se retirer de l’accord et réinstaurer les sanctions économiques. Donald Trump n’a jamais caché son opposition à ce texte. Selon lui, cet accord comporte plusieurs lacunes. Par ailleurs, il accuse Téhéran de poursuivre son programme de fusées balistiques, de soutenir le Hezbollah et l’Hamas – considéré comme des organisations terroristes par Washington — et déstabiliser le Proche-Orient. Le 8 mai 2018, Donald Trump a mis fin à l’accord sur le nucléaire iranien et a réintroduit des sanctions économiques à l’égard de l’Iran.

Samedi dernier, un nouveau rebondissement entre leur relation. Trump s’est adressé directement un tweet, écrit en majuscule, à son homologue iranien Hassan Rouhani. Ce tweet vient après la déclaration de l’Iran qui met en garde les États-Unis contre sa politique hostile à l’égard de la République islamique et que ceux-ci risqueraient de le regretter. En effet, le président iranien a menacé de fermer le détroit d’Ormuz, un passage maritime important pour le commerce mondial et particulièrement pour le transport de pétrole. Le message de Trump ne s’est pas fait attendre. Il envoie son tweet très tard dans la nuit de dimanche. [5]

«To Iranian President Rouhani: NEVER, EVER THREATEN THE UNITED STATES AGAIN OR YOU WILL SUFFER CONSEQUENCES THE LIKES OF WHICH FEW THROUGHOUT HISTORY HAVE EVER SUFFERED BEFORE. WE ARE NO LONGER A COUNTRY THAT WILL STAND FOR YOUR DEMENTED WORDS OF VIOLENCE & DEATH. BE CAUTIOUS!

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 23 juillet 2018»

 

Peu de temps après le ministre des Affaires étrangères iranien, Javad Zerif, lui rétorqua

«COLOR US UNIMPRESSED: The world heard even harsher bluster a few months ago. And Iranians have heard them —albeit more civilized ones—for 40 yrs. We’ve been around for millennia & seen fall of empires, incl our own, which lasted more than the life of some countries. BE CAUTIOUS!

— Javad Zarif (@JZarif) 23 juillet 2018»

 

Selon le Courrier International, plusieurs médias étasuniens émettent l’hypothèse que le tweet de Donald Trump serait une diversion de son comportement lors du sommet d’Helsinki avec son homologue russe et de la révélation d’une conversation enregistrée à son insu. Selon d’autres médias, il est également envisageable que le pensionnaire de la Maison-Blanche utilise la même stratégique qu’avec la Corée du Nord. Il reste néanmoins important de se rappeler que l’Iran n’est pas la Corée du Nord. En effet, Téhéran est moins isolé économiquement et diplomatiquement que Pyongyang. L’Iran possède par ailleurs davantage de moyens de rétorsion contre les intérêts étasuniens. En outre, un conflit armé avec l’Iran serait catastrophique pour tout le monde.[6]  

 

 [1] AFP, « Le président Daniel Ortega écarte toute possibilité de démissionner »,  Le Temps, publié le 24 juillet 2018, [en ligne],  https://www.letemps.ch/monde/president-daniel-ortega-ecarte-toute-possibilite-demissionner (consulté le 25.07.2018)

[2]PHILLIPS, Tom, « Daniel Ortega rejects blame for Nicaragua bloodshed in rare interview », The Guardian, publié le 24 juillet 2018, [en ligne],  https://www.theguardian.com/world/2018/jul/24/daniel-ortega-rejects-blame-for-nicaragua-bloodshed-in-rare-interview , (consulté le 25.07.2018)

[3] LE COURRIER INTERNATIONAL, « Au Nicaragua, le pouvoir entraîne le pays dans une spirale de violence », Le Courrier International, publié le 23 juillet 2018, [en ligne],  https://www.courrierinternational.com/dessin/au-nicaragua-le-pouvoir-entraine-le-pays-dans-une-spirale-de-violences , (consulté le 25.07.2018)

[4] LAUGHLAND, Olivier, KAMALI, Saeed and agencies, « Trump says Iran will ‘suffer consequences’ after speech by President Rouhani », The Guardian, publié le 23 juillet 2018, [en ligne] https://www.theguardian.com/world/2018/jul/23/irans-mafia-elite-amass-fortunes-while-people-suffer-says-mike-pompeo , (consulté le 26.07.2018)

[5] AFP, « Guerre de tweets entre Trump et Téhéran », Le Temps, publié le 24 juillet 2018, [en ligne], https://www.letemps.ch/monde/guerre-tweets-entre-trump-teheran , (Consulté le 26.07.2018)

[6] LE COURRIER INTERNATIONAL, Vu des États-Unis. Les menaces de Trump contre l’Iran laissent l’Amérique de glace », Le Courrier International, publié le 24 juillet 2018, [en ligne],  https://www.courrierinternational.com/article/vu-des-etats-unis-les-menaces-de-trump-contre-liran-laissent-lamerique-de-glace , (Consulté le 26.07.2018)

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