Revue de presse sur les élections présidentielles au Zimbabwe

Selon les résultats partiels publiés, le président Emmerson Mnangagwa est sur le point de rester à la tête du Zimbabwe. Cette ancienne colonie britannique d’Afrique australe qui fut dirigée pendant 37 ans par le président controversé, Robert Mugabe, fait face à l’une des premières crises politiques après le départ de cet ancien dirigeant.

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Le prédident Emmerson Mnangagwa au World Economic Forum en janvier 2018 (Davos) – Source : Sikarin Thanachaian / World Economic Forum

Un renouveau impossible ?

Comme le rappel le journal sud-africain, The Sunday Times, le parti du candidat sortant à la présidentielle Emmerson Mnangagwa, a remporté la majorité des sièges au parlement selon un décompte partiel des résultats. Une telle annonce voudrait dire que le ZANU-PF (Zimbabwe African National Union – Patriotic Front) a de grandes chances de garder le pouvoir [1]. En effet, comme l’affirme Radio Canada, la publication des résultats partielle laisse entrevoir un triomphe de grande ampleur et une majorité absolue pour le Parti au pouvoir, avec 144 sièges contre 61 pour l’opposition à la chambre basse [2].

En faisant référence aux résultats publiés, le quotidien britannique, The Guardian, estime que l’espoir d’un renouveau après la chute de l’ancien dirigeant à la main de fer, Robert Mugabe, n’est plus qu’un lointain souvenir. En effet, ce journal rappel que malgré le changement de président en novembre 2017, le pouvoir est resté dans les mains du parti ZANU-PF, qui dirigea le pays sous l’ère Mugabe [3].

 

Répression après les élections

Reuters revient sur la situation de l’après-élection au Zimbabwe. Selon cette agence de presse, trois opposants à Emmerson Mnangagwa ont été tués. La répression atteint son plus haut niveau dans les rues de la capitale, Harare, où des manifestants ont été réprimés par l’armée [4].  De son côté, le journal zimbabwéen, Dailynews, observe que plusieurs manifestants arborant les couleurs du parti du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) du candidat Nelson Chamisa furent emmenés dans des fourgons de l’armée [5]. Même son de cloche du côté du quotidien Suisse, Le Temps, qui annonce que les forces de sécurité ont déployé des blindés, des grenades lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les manifestants. Il est également possible de lire dans ce journal que ces répressions sont issus d’une réelle volonté du gouvernement de faire taire les voix dénonçant des fraudes électorales [6].

 

Pourquoi retarder la publication des résultats finaux?

Le Temps fait également mention de l’annonce du report de l’annonce des résultats officiels, en effet, la commission électorale communiquera les résultats ce jeudi, car elle affirme qu’elle doit encore vérifier les dénonciations de litiges lors du scrutin. Néanmoins, le quotidien suisse a relayé la parole du candidat de l’opposition,  Nelson Chamisa, qui soutient qu’un tel report sert à gagner du temps pour camoufler les véritables résultats et assurer la victoire d’Emmerson Mnangagwa [7].

 

Un appel au calme

Le journal Le Monde revient sur les appels au calme du président sortant Emmeson Mnangagwa, en effet, ce dernier affirme qu’il va faire appel à une « enquête indépendante » pour mettre en lumière les responsables des évènements survenus dans les rues de la capitale. De plus le président sortant appel au dialogue afin de désamorcer la crise. Néanmoins, le journal soutient que la communauté internationale est plus critique dans l’attribution de la responsabilité des actes de répression [8].

 

 

 

Références

[1] GODFREY, Marawanyika. KUMBUKA, Desmond. LATHAM, Brian. (31.07.2018). “ZANU-PF leads Zimbabwe vote as first election results are released”, The Sunday Times, Disponible en ligne: https://www.timeslive.co.za/sunday-times/business/2018-07-31-zanu-pf-leads-zimbabwe-vote-as-first-election-results-are-released/. (Consulté le 02.08.2018).

[2] RADIO-CANADA VIA AFP. (02.08.2018). « Élections au Zimbabwe: troisième jour d’attente des résultats », Radio-Canada, Disponible en ligne : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1116007/zimbabwe-elections-attente-troisieme-jour-emeute. (Consulté le 02.08.2018).

[3] THE GUARDIAN, “The Guardian view on Zimbabwe’s elections: better is not good enough”, The Guardian, Disponible en ligne: https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/aug/01/the-guardian-view-on-zimbabwes-elections-better-is-not-good-enough. (Consulté le 02.08.2018).

[4] BROCK, Joe. DZIRUTWE, MacDonald. (02.08.2018). “Troops clear streets of Zimbabwe's capital, election result 'very soon'”, Reuters, Disponible en ligne: https://www.reuters.com/article/us-zimbabwe-election/soldiers-patrol-zimbabwe-capital-after-election-violence-idUSKBN1KN0JU?feedType=RSS&feedName=topNews&utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+reuters%2FtopNews+%28News+%2F+US+%2F+Top+News%29. (Consulté le 02.08.2018).

[5] KWARAMBA, Fungi. (02.08.2018). “Chaos rocks Harare”, Dailynews, Disponible en ligne: https://www.dailynews.co.zw/articles/2018/08/02/chaos-rocks-harare. (Consulté le 02.08.2018).

[6] LE TEMPS VIA ATS. (02.08.2018). « Des heurts meurtriers après l'annonce des résultats des élections au Zimbabwe », Le Temps, Disponible en ligne : https://www.letemps.ch/monde/heurts-meurtriers-apres-lannonce-resultats-elections-zimbabwe. (Consulté le 02.08.2018).

[7] Ibdem.

[8] LE MONDE ET AFP. (02.08.2018). « Au Zimbabwe, le président Mnangagwa appelle à résoudre « pacifiquement les différends » », Le Monde, Disponible en ligne : https://www.lemonde.fr/international/article/2018/08/02/au-zimbabwe-le-president-mnangagwa-appelle-a-resoudre-pacifiquement-les-differends-avec-l-opposition_5338658_3210.html. (Consulté le 02.08.2018).

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