Sam et Salem Tome 2, Migrant

Le tome 2 de Sam et Salem, Migrant est paru en mai 2017. L’occasion pour le Centre international pour la paix et les droits de l’homme (CIPADH) de revenir sur l’œuvre de Jôli. Dans ce nouvel album, le bédéiste traite le sujet de la migration et de la demande d’asile en Suisse.

Français

Sam et Salem Tome 2, Migrant - Crédit M.Wannakula Aratchilage

Dans le deuxième tome, Salem, un migrant musulman, retrouve Sam en Suisse. La situation politique de son pays l’a forcé à fuir de son pays d’origine pour des raisons de sécurité. Mais la réalité qu’il découvre dans son pays d’accueil est loin d’être aisée. Entre les préjugés, les idées fausses, la xénophobie latente et le terrible mal du pays, Salem, parviendra-t-il à trouver sa place? Au travers des différentes planches, Jôli met en scène les défis, les doutes, les frustrations et l’isolement traversés par des requérants d’asile, mais également leurs rencontres et leurs nouvelles amitiés. 

Jôli avec cette BD touche une thématique de l’actualité et fait découvrir au lecteur le quotidien d’un requérant d’asile. Avec la crise migratoire de ces dernières années, il est plus important que jamais de sensibiliser la population civile du sort de ces migrants et le quotidien de ceux-ci. La plupart des requérants d’asile à travers le monde passent par les mêmes doutes et difficultés que Salem.

L’objectif central de Jôli, à travers cette BD, est de mettre en exergue le quotidien d’un migrant les défis auxquels il doit faire face. Quitter son pays, sa famille et ses amis pour aller dans un pays inconnu n’est pas une chose aisée. Cette BD permettra, aussi, peut-être de dépasser certaines idées reçues et d’accueillir le migrant avec un cœur ouvert. Comme le mentionne Jôli avec son entretien avec un reporter du site la Free.ch, Serge Carrel: «Avec cette BD, mon but est de parler de ce par quoi passent les migrants qui arrivent chez nous et qui connaissent une grande solitude», appuie Jôli. D’un côté, il défie les Suisses qui n’aiment pas les étrangers, d’un autre il ne se prive pas de pousser des «coups de gueule» par rapport aux migrants insatisfaits du sort qui leur est réservé ici. C’est ce que laisse transparaître une planche où Salem est confronté à un musulman rigoriste, et où il lui demande pourquoi il n’a pas fait sa demande d’asile en Arabie Saoudite! «Parmi toutes ces histoires, celle que je préfère, c’est “Swiss made? ”, une histoire qui rend hommage aux étrangers qui travaillent à la construction et à la réfection de nos routes et autoroutes», commente Jôli.» [1]

Soutenu par l’association Bechir (celui qui apporte une bonne nouvelle, en arabe), Jôli travaille à mi-temps à l’association Cabes. Il s’agit d’une institution qui vient en aide aux migrants. Le bédéiste visite des requérants d’asile dans des centres et organise toutes sortes d’activités avec et pour eux: des cours de cuisine, du sport, etc. La migration et l’intégration sont des questions que Jôli connait très bien.

Par ailleurs, Carrel ajoute que «[c] ertaines planches de Sam et Salem, migrant laisse entrevoir les convictions chrétiennes du bédéiste. Pour lui, les discussions spirituelles avec les migrants, même d’origine musulmane, ne posent aucun problème. “C’est nettement plus simple de parler des questions de foi avec des migrants qu’avec de ‘bons Vaudois’, lâche-t-il en riant. Il y a un respect à avoir, mais c’est important de partager ce que l’on vit. Quand la foi est au cœur de notre vie, en parler est une évidence. L’amour à l’endroit des migrants, ce n’est pas dire oui à tout, c’est aussi partager ce que l’on est!”, complète-t-il.»[2]

«Jôli a opté pour la technique des histoires courtes sur une ou deux pages, avec titres à la clé pour donner le ton: Un cœur plus gros que l’appart. Finalement on “s’en foot” d’où ils viennent, L’heure contre le temps, Oh, la barbe!... La tendresse et l’humour sont au rendez-vous, ce qui permet au lecteur de réfléchir à la question de l’intégration de l’étranger avec recul, sans caricature ni manichéisme. La BD reste un média efficace pour aborder plus légèrement des questions graves, surtout avec les jeunes. Avec Sam et Salem, nous sommes plus dans l’entreprise pédagogique que dans le domaine artistique. Le but de l’auteur? Il l’énonce clairement sur son site: aider le lecteur “à mieux comprendre ce que vivent les réfugiés dans notre pays”, “à dépasser certaines idées reçues et à accueillir le migrant avec un cœur ouvert”

[1] CARREL, Serge. « Jôli lance sa deuxième BD : « Sam et Salem, migrant » ». LaFree.   Disponible en ligne http://lafree.ch/joli-lance-sa-deuxieme-bd-sam-et-salem-migrant , (consulté le 16.07.18)

[2] Ibid.

[3] BITTAR, Lucienne. « A la rencontre de Sam et Salem », Choisir. Disponible en ligne https://www.choisir.ch/arts-philosophie/livres/item/2900-a-la-rencontre-de-sam-et-salem, (consulté le 18.06.18)

 

Category: