SANT’EGIDIO: UNE ACTION ET UNE OFFRE AU NOM DE LA PAIX

Etude.- Active depuis 1968, la Communauté de Sant'Egidio agit, entre autres, pour promouvoir la paix dans le monde en contribuant, par le biais d'une diplomatie non officielle, à la résolution de conflits comme celui de la guerre civile au Mozambique. Médiatrice, présente dans le dialogue inter-religieux mais aussi dans la bienfaisance sociale, cette organisation est régulièrement saluée par les observateurs. Ce qui n'empêche pas quelques polémiques quant à sa proximité avec le Vatican ou quant à son action de diplomatie parallèle dans certains pays comme ce fut le cas en Algérie en 1995.

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La Marche pour la Paix de Sant'Egidio à Rome, janvier 2015

Selon la banque de terminologie italienne « Osservatorio Neologico della lingua italiana » qui analyse périodiquement le langage des médias et en recense les néologismes, l’expression « diplomatie parallèle » se réfère à l’ensemble des activités non-institutionnelles qui soutiennent les interventions diplomatiques officielles de l’Etat. Joseph Montville, un diplomate américain, a inventé cette formule en 1981 « afin de décrire les efforts déployés par les particuliers et les organisations non officielles sur la scène internationale ». Dans cette forme de diplomatie non-institutionnelle, l’on part du présupposé que l’Etat n’est pas en mesure à lui seul de résoudre les conflits armés et politiques. Dans son appréciation traditionnelle, la diplomatie parallèle est un outil utilisé loin des projecteurs et en dehors des actions de l’Etat. De plus, selon Olivier Arifon, professeur à l’Université libre de Bruxelles : « dans son sens habituel, la diplomatie parallèle ne retient que des actions discrètes ». Aujourd’hui, la diplomatie parallèle est surtout activée afin de mener à bien les négociations pour la libération d’otages. Une organisation à laquelle est souvent associée l’expression de « diplomatie parallèle »  est la Communauté de Sant’Egidio. Cependant ses actions sont loin d’être discrètes et ses membres sont devenus des figures médiatiques, notamment en Italie.

La Communauté de Sant’Egidio, une histoire

Créée à Rome dans le quartier de Trastevere en 1968, cette organisation catholique nait de l’engagement social d’un groupe d’étudiants. L’organisation porte le nom de l’église romaine Sant’Egidio, qui est son siège principal depuis sa création. Le fondateur de la Communauté est Andrea Riccardi, professeur d’histoire à l’université de Rome et homme politique italien : M. Riccardi a été ministre de la Coopération internationale et de l'Intégration de l’ancien Premier ministre italien Mario Monti jusqu’en 2013 ainsi que membre du parti centriste libéral le Choix civique pour l’Italie. La Communauté de Sant’Egidio débute son activisme en travaillant dans les quartiers pauvres de la capitale italienne. Dans les banlieues romaines,  les militants catholiques dispensent des cours aux enfants ; ce concept a évolué plus tard dans les écoles de la paix de l’organisation, aujourd’hui présentes dans plusieurs villes à travers le monde. Dans l’esprit de Sant’Egidio, l’école de la paix se veut un centre d’éducation gratuit ainsi qu’un « milieu familial qui soutient l'enfant ou l'adolescent dans son intégration scolaire ; qui aide la famille dans sa tâche, en proposant un modèle éducatif ouvert aux autres, solidaire envers les plus malheureux, capable de dépasser barrières et discriminations ». La Communauté de Sant’Egidio obtient la reconnaissance du Saint-Siège en 1986. A cette époque, l’organisation religieuse se démarque grâce à sa capacité de médiation et à son rôle actif dans le dialogue interreligieux. Particulièrement remarquable est son actionà la fin des années 1980 dans le cadre des négociations de paix au Mozambique - pays alors déchiré par la guerre civile - qui, par ailleurs,  lui a valu l’attention de la Communauté internationale et le statut d’acteur non étatique investi dans une diplomatie « à voies multiples ».   

La vocation profonde de la Communauté Sant’Egidio est la lutte pour la paix dans le monde. Andrea Riccardi dévoile ainsi l’essence de son activisme : « La paix n’est pas seulement l’affaire des diplomates ». Reconnue comme « Association publique de laïcs de l'Eglise », la Communauté de Sant’Egidio opère dans les milieux de l’évangélisation et de la charité dans plus de 70 pays. Aujourd’hui ses membres s’élèvent à 50 000. La spiritualité et l’activisme de l’organisation reposent sur la prière, la communication de l’Evangile, la solidarité avec les pauvres, l’œcuménisme « vécu comme amitié, prière et recherche de l'unité entre chrétiens du monde entier » et le dialogue perçu comme « chemin de la paix et de la collaboration entre les religions, mais aussi comme mode de vie et comme méthode pour la réconciliation dans les conflits ». La Communauté professe que travailler pour la paix correspond à aimer les pauvres car « la guerre est la mère de toutes les pauvretés ». Cela implique qu’il faut agir, protéger et reconstruire là où la paix est menacée ; promouvoir le dialogue là où il est perdu.

Le mode opératoire et la médiation, une expérience mozambicaine

Après la signature de l'Accord général de paix du 4 octobre 1992 au Mozambique par tous les belligérants, dont les deux principaux mouvements de guérilla (la RENAMO –soutenue par le Zimbabwe, et le FRELIMO – soutenu par le Kremlin), le mode opératoire de l’organisation ainsi que son approche à la problématique de la paix se définissent. La Communauté de Sant’Egidio fonctionne comme un réseau unissant ses contacts personnels aux personnalités institutionnelles jugées les plus adaptées sur le terrain. A l’instar de l’Eglise catholique, l’organisation cherche à nouer des liens avec les autorités locales dans les pays ravagés par la guerre en vue de la consolidation de la paix. Au Mozambique, la Communauté jouit par ailleurs du soutien moral du Vatican ainsi que de l’appui financier du gouvernement italien. Les techniques auxquelles Sant'Egidio a recours mêlent les relations informelles aux activités officielles des gouvernements et des organisations intergouvernementales. A ce propos, l’ancien  Secrétaire général des Nations-Unies, Boutros Boutros-Ghali, a mentionné en 1993 le terme de « formule italienne » afin de définir « ce mélange, unique en son genre, d’activités pacificatrices gouvernementales et non-gouvernementales » qui caractérise l’activisme de la Communauté de Sant’Egidio. Outre le Mozambique, l’organisation romaine a fait valoir son rôle de médiatrice pour la paix en menant des actions diplomatiques dans de nombreux autres pays : au Liban (accord sur la protection des chrétiens dans le Chouf en 1982) ; en Albanie (accord pour des élections sous contrôle international en 1987) ; en Algérie (contrat national signé par huit partis d’opposition algériens en 1995) ; au Kosovo (réouverture des écoles en 1996-1998) ; au Guatemala (accords de paix signés à Rome en 1996) ; au Burundi (négociations de paix d’Arusha en 1997-2000) et au Rwanda (accords de paix promus par Sant’Egidio sous le parrainage de Nelson Mandela et de Bill Clinton).

Sant'Egidio dans le domaine social et international

En dehors de son rôle de médiatrice pour la paix, la Communauté concentre ses efforts dans le domaine social, qui d'ailleurs représente 80% de ses activités. Ses initiatives sociales concernent en particulier l’aide alimentaire (« la soupe populaire » est devenue la tradition à Rome et représente 1800 repas gratuits par jour), l’aide à l’éducation (notamment les écoles de la paix mentionnées plus haut), l'aide aux personnes âgées, aux malades du sida, aux handicapés et aux malades mentaux ainsi qu’aux immigrés (cours d’alphabétisation et aide alimentaire). Sur la scène internationale, la Communauté de Sant’Egidio est également très active : en 1998 elle a créé une pétition avec Amnesty International et M2000 (organisation américaine en faveur des droits de l’Homme) en faveur du moratoire universel de la peine de mort. Par ailleurs, afin de promouvoir le dialogue interreligieux, l’organisation italienne organise régulièrement les réunions d’Assise et a initié un sommet islamo-chrétien à Rome après les attentats du 11 septembre.

Sant'Egidio au cœur des polémiques

Selon certains observateurs et hommes religieux, la littérature concernant la Communauté de Sant’Egidio est souvent trop bienveillante. Les médias projettent une image positive de l’organisation mais est-elle fidèle à la réalité ? Certaines révélations la concernant sont plutôt gênantes. Sur le plan international, les critiques qui sont faites à l’organisation catholique romaine gravitent notamment autour de son activisme au Soudan et en Algérie. Dans les deux cas, ce sont certains contacts de Sant’Egidio sur le terrain qui provoquent l’indignation. Par exemple, au Soudan l’organisation tisse des liens avec « l’éminence grise » du régime islamiste de Khartoum, Hassan al-Tourabi, l’ennemi et le persécuteur de nombreux évêques catholiques et missionnaires présents sur le terrain. En Algérie en revanche, la Communauté de Sant’Egidio a accepté que Anouar Haddam soit le représentant du Front Islamique du Salut (FIS) à la table des négociations à Rome en 1995. Pourtant, M. Haddam était suspecté d'être membre du Groupe islamique armé (GIA), un mouvement terroriste sanguinaire. Par ailleurs, les critiques se sont multipliées alors que les négociations pour la paix étaient en cours à Rome, quand, en Algérie, le GIA s'est rendu responsable d’un attentat à la bombe ayant causé 120 morts. Commentant ces faits, la féministe et femme politique algérienne Khalida Toumi a alors affirmé que Sant’Egidio « s’est couvert de honte dans cette affaire ». En outre, l’évêque d'Oran Pierre Claverie (assassiné par des membres du GIA en 1996) et Henri Teissier, archevêque émérite d'Alger, n’ont pas hésité de critiquer âprement les initiatives diplomatiques promues par la Communauté en Algérie. Par exemple, Henri Teissier a affirmé à plusieurs reprises que « les amis de Sant’Egidio sont les mêmes qui nous ont tués ». Par ailleurs, les évêques trouvaient inacceptable que la plateforme d’entente ait été signée à Rome par des partis d’opposition algériens incluant les membres du Front Islamique du Salut sans que les parties signataires ne s’engagent pour autant à déposer les armes. Trois ans plus tard commence « l’annus horribilis » pour la Communauté de Sant’Egidio : en 1998 le journal italien « l’Espresso » publie un rapport sur l’organisation romaine en tirant un bilan peu flatteur de sa « diplomatie parallèle ». En bref, les critiques pleuvent sur les actions de la Communauté en Algérie de la bouche d’évêques à l’étranger mais aussi du Saint Siège.

Une image rayonnante, une présence politique

Hormis ces attaques, la grande majorité des journalistes et observateurs externes reconnaissent à la Communauté un statut quasi-exclusif de légitimité civile positive. Aucun autre mouvement ecclésial italien ne jouit d’une telle reconnaissance. Cependant, force est de constater que la Communauté religieuse ne tient pas toujours compte de la distinction fondamentale entre les « choses de la terre et les choses du ciel » lors de ses missions à l’étranger. Par ailleurs, la nature confessionnelle du mouvement est difficilement dissociable de ses interventions dans le domaine de la diplomatie parallèle. De plus, les actions de Sant’Egidio ne sauraient être purement non-institutionnelles comme le veut la théorie classique de la diplomatie parallèle. De fait, la Communauté s’est fortement institutionnalisée avec le temps et a collaboré toujours plus activement avec Ministère des Affaires étrangères italien ainsi qu’avec la Curie dans le cadre de ses missions de paix. A ce propos, l’auteur de « Le gouvernement du monde: Une critique politique de la globalisation » Jean-François Bayart mentionne le nouveau phénomène de la « privatisation de la paix » : les négociations entre les protagonistes de guerres civiles sont facilitées par des centres au statut « non-gouvernemental » en liaison avec différents Ministères des Affaires étrangères. L’établissement de ces liens forts entre le non-gouvernemental et le gouvernemental est sans doute ce qui garantit l’accès au monde politique à certains membres de l’organisation catholique. Qu’Andrea Riccardi soit devenu ministre de la Coopération internationale et de l'Intégration, le seul nouveau ministère créé par le gouvernement de Mario Monti, ne surprend donc pas. Si l’organisation avançait à pas feutrés sur la scène politique italienne avant 2011, la nomination de M. Riccardi au nouveau poste de ministre met à nu les relations solides entre Sant’Egidio et les institutions gouvernementales italiennes. Les relations qu'entretient Sant'Egidio avec les grandes entreprises italiennes sont aussi dignes d'être mentionnées. Il est apparu récemment que la Communauté a reçu des financements de la société publique italienne Finmeccanica, spécialisée entre autres dans les armes et les munitions. Dans sa fonction de ministre, Andrea Riccardi a de surcroit approuvé le refinancement total des dépenses militaires du gouvernement italien dans le contexte de la crise financière en Europe. Sur ce point une question de substance se pose : comment la paix et la solidarité peuvent-elles être conciliables avec la vente d’armes ?  Interrogée à ce propos, la Communauté a précisé que les financements de Finmeccanica étaient destinés à la mise en place d’un projet pour garantir l’accès au traitement contre le sida. En tout état de cause, accepter ces financements ne lui semble pas incompatible avec sa mission de paix. Flavio Lotti, coordinateur national de l’association italienne « Tavola della pace » partage ce point de vue : « on ne construit pas la paix qu’avec le bénévolat, il faut aussi de l’argent », a-t-il affirmé.

La Communauté de Sant’Egidio est un mélange curieux d’activisme à la fois non-gouvernemental, gouvernemental et religieux. La diplomatie parallèle qu’elle met en œuvre est un mécanisme efficace dont l’usage dans certains contextes, comme en Algérie, a suscité la perplexité voire l'hostilité de nombreux observateurs. Il n’en reste pas moins que plusieurs des opérations de Sant’Egidio à travers le monde ont été couronnées de succès et ce surtout en raison de sa capacité à agir comme un réseau aussi bien institutionnel que non-institutionnel. L’entrée en politique d’Andrea Riccardi témoigne de la nature hybride de l’organisation catholique qui semble à même de concilier le politique, le religieux et l’humanitaire. Il est probable que ce soit grâce à cette fusion étrange, si typiquement italienne, que la Communauté de Sant’Egidio soit devenu un acteur d’envergure de la médiation humanitaire. Contrairement à la théorie classique de la diplomatie parallèle, Sant’Egidio est la protagoniste d'une forme d'activisme qui ne saurait être un outil informel complétant les actions du gouvernement là où il est inefficace. Sant'Egidio est plutôt une Communauté institutionnalisée qui agit de concert avec le gouvernement en exploitant toutes les ressources à sa disposition, institutionnelles et non-institutionnelles. Enfin, son influence diplomatique réside certainement dans sa remarquable habilité de réseautage tandis que sa force tient à l'universalité de son message : la construction de la paix appartient à nous tous, que l’on soit diplomate, professeur, évêque, missionnaire ou simple citoyen.

Annick Valleau

Sources

- Osservatorio Neologico della lingua italiana, Diplomazia parallela, http://www.iliesi.cnr.it/ONLI/entrata.php?id=8629, (consulté en ligne le 04.03.2015)

- Olivier Arifon,  Influence et communication dans l'environnement international : le cas de la diplomatie non gouvernementale, Les archives-ouvertes.fr, 2010, https://hal.archives-ouvertes.fr/sic_00466595/document, (consulté en ligne le 04.03.2015)

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- Stéphanie Le Bars, Andrea Riccardi : « La paix n’est pas seulement l’affaire des diplomates », Le Monde.fr, 2014, http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/06/07/andrea-riccardi-la-paix-n-est-pas-seulement-l-affaire-des-diplomates_4434052_3214.html, (consulté en ligne le 04.03.2015)

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- Lorenzo Biondi, Il partito di Sant’Egidio, Il movimento cattolico ha giocato un ruolo di primo piano nella stesura delle liste Monti. Ora si presenta al voto con una foltissima pattuglia di candidati, Europa, 2013, http://www.europaquotidiano.it/2013/01/30/il-partito-di-santegidio/, (consulté en ligne le 05.03.2015)

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- Jean-François Bayart, Le gouvernement du monde: Une critique politique de la globalisation », Fayard, 2004

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